Un radar de chantier près de Paris a suscité une vive polémique après qu'une vidéo a montré 18 automobilistes flashés en moins de cinq minutes, un rendement estimé à 752 516 euros par jour. L'association 40 millions d'automobilistes dénonce une "machine à cash" et demande l'arrêt du radar et l'annulation des contraventions. Le dispositif, limité à 30 km/h, est placé sur le périphérique de la Porte de Montreuil à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et n'est pas visible dans un sens de circulation, bien qu'un panneau d'avertissement soit présent à l'entrée de la zone de travaux.
Flashage record et rendement financier
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit des véhicules sanctionnés en boucle alors que la cabine de contrôle radar n'est pas visible dans une direction. L'association estime que le radar pourrait générer jusqu'à 752 516 euros de recettes chaque jour. Elle appelle l'État à stopper l'appareil et à annuler les procès-verbaux dans les meilleurs délais. Le cas a attiré l'attention sur le rendement des radars de chantier, qui peuvent atteindre jusqu'à 19 000 flashs par an par cabine, selon les données officielles.
Règles d'installation et de fonctionnement
Les radars de chantier sont conçus pour être déplacés et sécuriser les travaux routiers. Ils doivent être signalés par un panneau "contrôle radar" sur toute la longueur du chantier et être positionnés en bord de route ou en terre-plein central, visibles pour les conducteurs. Une portion de route rectiligne d'au moins 50 mètres est requise devant l'appareil. Ces radars peuvent flasher plusieurs véhicules simultanément, avec une marge d'erreur d'environ 10 % en dessous de la vitesse limite. Par exemple, dans une zone limitée à 50 km/h, la tolérance est d'environ 10 km/h, et la verbalisation est effective à partir de 61 km/h.
Revenus et répartition des amendes
Au 1er janvier 2026, la France comptait 620 radars autonomes actifs, dont 474 déployés sur les routes. Selon le dernier bilan officiel (2023), les radars ont produit 965 millions d'euros de recettes d'amendes liées au contrôle automatisé. Ces fonds sont répartis entre le désendettement de l'État (20,9 %), l'Agence de financement des infrastructures de transports de France (Afit France), les collectivités territoriales, la Délégation à la sécurité routière (DSR) et le fonds de modernisation pour l'investissement en santé (FMIS).
Contestations et appels à une régulation accrue
L'association 40 millions d'automobilistes dénonce le positionnement de certains radars comme favorisant les amendes plutôt que la sécurité. Elle accuse l'appareil de Montreuil d'être mal positionné et de générer des revenus excessifs. Les autorités n'ont pas encore répondu aux demandes de l'association ni commenté la publication. Le débat s'inscrit dans un contexte plus large de méfiance envers les radars automatisés, considérés par certains comme une source de profits plutôt qu'un outil de sécurité routière.