Un Nigérian accusé d’être au cœur d’un réseau de fraude numérique de 100 milliards de nairas en Norvège

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Un Nigérian accusé d’être au cœur d’un réseau de fraude numérique de 100 milliards de nairas en Norvège

Une enquête conjointe entre des médias nigérians et norvégiens met en lumière un vaste réseau de fraude numérique, où un développeur nigérian aurait joué un rôle clé dans l’hébergement de sites d’investissement frauduleux ayant escroqué des milliers de victimes en Europe.

Un réseau criminel transnational

L’enquête révèle l’existence d’un réseau sophistiqué de sites web frauduleux, dont certains étaient hébergés par l’entreprise nigériane iSkySoftic, dirigée par David Erubure. Ces plateformes, imitant des sites d’investissement légitimes, promettaient des rendements rapides en cryptomonnaies ou en actions. En réalité, elles ne faisaient que détourner les fonds des victimes, souvent incitées par des influenceurs norvégiens sur TikTok.

Parmi les victimes, une infirmière américaine a perdu près de 2 000 dollars avant qu’un hacker éthique ne l’alerte. Les fonds, estimés à plus de 100 milliards de nairas (74 millions de dollars), auraient transité par des comptes cryptographiques liés à des échanges en ligne, avant d’être blanchis.

L’ombre de « Eagleworker » et les liens avec Erubure

L’enquête a identifié un pseudonyme récurrent, « Eagleworker », utilisé pour tester le fonctionnement des sites frauduleux. Ce nom apparaît dans plus de 25 plateformes d’investissement illégales hébergées par iSkySoftic. Les investigations ont également révélé que ce pseudonyme était associé à des coordonnées et des adresses e-mail liées à David Erubure.

Par ailleurs, des captures d’écran montrent que l’entreprise de Erubure proposait autrefois des modèles de sites web pour des plateformes d’investissement, une activité qu’il a depuis niée, avant de reconnaître vendre des scripts et codes pouvant être détournés à des fins frauduleuses. Il a justifié cette position en comparant ces outils à un couteau, utile ou dangereux selon l’usage qui en est fait.

Des victimes sous le choc, des autorités silencieuses

Les victimes, majoritairement norvégiennes, décrivent des mécanismes de manipulation implacables : des conversations en ligne avec des « conseillers » bienveillants, des promesses de rendements mirobolants, puis l’impossibilité de retirer leurs fonds, sous prétexte de frais ou taxes supplémentaires. Beaucoup, honteuses, refusent de témoigner publiquement.

Côté nigérian, aucune enquête officielle n’a encore été ouverte contre Erubure. Pourtant, la loi nigériane réprime sévèrement la fraude numérique, avec des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison. Un avocat spécialisé en cybercriminalité souligne que, si l’affaire était instruite, elle relèverait du Cybercrimes Act de 2024.

Une réponse tardive et des questions persistantes

Contacté à plusieurs reprises, David Erubure a nié toute implication directe dans les fraudes, affirmant que son entreprise n’est responsable que de l’hébergement de sites. Il a promis de surveiller davantage ses clients à l’avenir, tout en reconnaissant avoir supprimé des publications liées à ces activités après le début de l’enquête.

De son côté, l’influenceuse norvégienne Mi Le Hagen, dont le profil a été usurpé pour promouvoir ces arnaques, appelle à une coopération internationale renforcée pour traquer les cybercriminels. Elle estime que les autorités agissent trop lentement face à l’ampleur du phénomène.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.