La capitale congolaise a été le théâtre de violences meurtrières lors d'une manifestation autorisée contre les projets de révision de la Constitution portés par le président Félix Tshisekedi. Le bilan humain s'alourdit avec le décès d'un membre de la coalition d'opposition C64, survenu après des affrontements en marge du rassemblement.
Un rassemblement dispersé violemment
La manifestation, qui avait reçu l'aval des autorités provinciales de Kinshasa, visait à protester contre les velléités de modification de la loi fondamentale. Le cortège, qui se dirigeait vers le Palais du peuple à l'occasion de la rentrée parlementaire, a été brutalement dispersé par les forces de l'ordre avant d'atteindre sa destination finale. Cette intervention a marqué un tournant dans une journée initialement prévue pour être une démonstration de force pacifique de l'opposition.
Le décès de Manassé Lomboto Bomengala
Le drame s'est cristallisé autour de la mort de Manassé Lomboto Bomengala, un agent de sécurité au service de Prince Epenge, président de l'Addcongo. Selon les informations recueillies, la victime a succombé à ses blessures après avoir été prise à partie par des individus armés d'armes blanches aux abords du siège de l'UDPS, situé dans la commune de Limete. Son décès a immédiatement suscité une vive indignation au sein de la classe politique opposante, qui exige désormais l'ouverture d'une enquête indépendante pour faire la lumière sur les circonstances exactes de cette agression.
Tensions politiques et accusations croisées
Le climat politique à Kinshasa est marqué par une défiance accrue. L'opposant Martin Fayulu, lui-même blessé lors de la dispersion, a publiquement dénoncé ce qu'il qualifie de guet-apens orchestré par le pouvoir en place. Les manifestants pointent du doigt l'implication de la « Force du progrès », un groupe de militants proches du parti présidentiel, dans les violences constatées sur le terrain. Si le bilan des blessés reste encore à consolider, les sources de l'opposition font état d'une cinquantaine de personnes touchées. À ce stade, ces allégations de violences ciblées imputées aux partisans du pouvoir n'ont pas fait l'objet de vérifications indépendantes, laissant planer une incertitude sur la suite des événements dans un contexte de crispation institutionnelle majeure.