Un maçon ghanéen de 35 ans, Charles Seddoh, a été condamné à 35 ans de prison ferme pour avoir violé et commis l’inceste sur ses deux filles mineures, âgées respectivement de 15 et 18 ans, à Oyibi près d’Accra. La justice a également ordonné une prise en charge psychologique pour les victimes et leur placement en foyer d’accueil, marquant une réponse judiciaire sans précédent face à ces crimes répétés sur près de sept ans.
Des années de violences et de chantage
Selon l’accusation, Seddoh a commencé à violer sa première fille en 2018, alors qu’elle n’avait que 14 ans, et a poursuivi ces actes pendant près de sept ans. En 2021, il a étendu ses agressions à sa seconde fille, alors âgée de 11 ans. Les victimes ont révélé avoir subi des menaces et des violences physiques – coups, privation de nourriture, chantage à l’éducation – chaque fois qu’elles refusaient ses avances sexuelles.
Un système judiciaire mobilisé face à l’horreur
Le procès, mené par le tribunal de première instance d’Accra et présidé par la juge Annette Sophia Essel, a abouti à une condamnation sur cinq chefs d’accusation, dont viol et inceste. Le parquet, dirigé par le Chief Inspector Opoku Aniagyei, a souligné l’ampleur des preuves, incluant les aveux de l’accusé lors de son audition policière. Les victimes, soutenues par leur mère, ont porté plainte en janvier 2025 après des agressions récentes, dont l’une filmée par la police lors d’une reconstitution.
Une réponse judiciaire et sociale renforcée
Au-delà de la peine de prison, le tribunal a ordonné une prise en charge psychologique pour les deux victimes, ainsi que leur placement en foyer d’accueil pour les protéger des représailles. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des actions du DOVVSU (Domestic Violence and Victims Support Unit), une unité spécialisée de la police ghanéenne dédiée à la lutte contre les violences domestiques et sexuelles. La condamnation envoie un signal fort, mais elle rappelle aussi les lacunes persistantes dans la protection des mineurs au Ghana.