Le juge de district Roy Altman, nommé par Donald Trump en 2019, fait l’objet d’une plainte déposée auprès de la Cour d’appel du 11e circuit. L’avocate floridienne Katherine Giannamore l’accuse d’utiliser son poste pour promouvoir Israël, ce qui, selon elle, porte atteinte à la confiance du public dans l’indépendance de la magistrature fédérale.
Une plainte détaillée contre le juge Altman
La requête, signée par Giannamore, reproche à Altman d’avoir « dégradé la confiance du public dans l’intégrité, l’impartialité et l’indépendance du système judiciaire fédéral ». Elle cite plusieurs interventions publiques du juge, notamment des diffusions en direct depuis ses chambres à Miami pendant les heures de travail et l’utilisation de ses assistants juridiques pour préparer ces apparitions. La plainte indique que ces activités se sont poursuivies de façon quasi quotidienne depuis avril 2026.
Des prises de parole perçues comme partisanes
Parmi les faits mis en avant, le juge a participé à un podcast du Middle East Forum, un groupe de droite qui se décrit comme combattant « l’infrastructure de l’islamisme légal ». Au cours de cet entretien, il a qualifié le keffieh – symbole palestinien – de « écharpe du terrorisme ». Il a également déclaré dans d’autres interventions que « l’antisémitisme et l’antisionisme sont indiscernables », et a affirmé que les musulmans étaient « élevés à croire que leur devoir divin est de détruire l’État juif ». Ces propos, relayés par des médias internationaux, ont alimenté les accusations de parti pris pro‑Israël.
Procédure disciplinaire et risques de biais
Les plaintes contre les juges fédéraux sont examinées par le juge en chef de la cour d’appel concernée, qui peut soit les rejeter, soit créer un comité spécial d’enquête. Dans les cas les plus rares, les sanctions peuvent aller de la suspension de l’attribution de dossiers à la demande de démission volontaire. Giannamore souligne que, même si la plainte ne conduit pas à une sanction immédiate, elle sert à ouvrir le débat sur les limites acceptables du comportement des magistrats à vie.
Implications pour la justice américaine
Le dossier intervient alors que la magistrature fédérale tranche plusieurs affaires liées au conflit israélo‑palestinien, dont des procédures de déportation d’activistes étudiants opposés à la guerre à Gaza. Altman aurait également organisé des voyages sponsorisés par le World Jewish Congress pour des juges, affirmant que près de 10 % du corps judiciaire fédéral aurait participé à ces séjours en Israël. La plainte avance que de tels déplacements, où les juges rencontrent des responsables étrangers, pourraient créer des perceptions de parti pris dans des affaires futures, y compris celles portant sur les droits des Palestiniens, des Arabes ou des musulmans aux États‑Unis.