Un juge fédéral américain a annulé vendredi une politique controversée de l'administration Trump suspendant l'attribution des visas d'immigration pour les ressortissants de 75 pays, qualifiant la mesure d'illégale et de dépassement d'autorité.
Une décision judiciaire qui remet en cause une mesure discriminatoire
La justice américaine a tranché : la politique du département d'État, annoncée en janvier, qui bloquait l'émission de visas d'immigration pour des ressortissants de 75 nations – dont plusieurs pays africains, latino-américains, des Balkans et d'Asie du Sud – a été jugée « manifestement illégale » par la juge Jeannette Vargas. Dans son arrêt, elle souligne que cette mesure « représente une abrogation directe » du cadre légal fédéral, qui retire explicitement au secrétaire d'État toute autorité sur le traitement des visas par les agents consulaires.
Des pays africains et latino-américains parmi les plus touchés
Parmi les nations concernées par cette suspension figuraient des pays africains comme l'Afrique du Sud, le Nigeria ou le Kenya, ainsi que des États latino-américains (Brésil, Colombie, Uruguay), des Balkans (Bosnie, Albanie) et des pays d'Asie du Sud (Pakistan, Bangladesh). Le département d'État justifiait cette mesure en invoquant un « risque élevé » pour les migrants de devenir une charge publique ou de recourir aux aides sociales américaines. Une justification contestée par les associations de défense des droits des migrants, qui dénoncent une politique discriminatoire.
Une victoire pour les associations et les familles séparées
La décision de la juge Vargas intervient à la suite d'un recours déposé par des organisations comme le *Catholic Legal Immigration Network* et *African Communities Together*, aux côtés de demandeurs de visas et de citoyens américains parrainant des membres de leur famille originaires des pays concernés. Ces groupes dénoncent depuis des mois les effets dévastateurs de cette politique sur les familles, notamment les minorités ethniques, qui subiraient des discriminations systémiques. Le président Donald Trump, dont l'administration a multiplié les mesures restrictives en matière d'immigration au nom de la sécurité nationale, n'a pas encore réagi publiquement à ce jugement.
Un revers pour une politique migratoire controversée
Cette annulation s'inscrit dans une série de revers juridiques pour l'administration Trump, dont les mesures d'immigration – souvent critiquées pour leur caractère discriminatoire et leur violation des droits fondamentaux – ont été régulièrement bloquées par les tribunaux. Les défenseurs des droits humains y voient une confirmation que les politiques migratoires ne peuvent s'affranchir du cadre légal, tandis que les partisans d'une ligne dure sur l'immigration pourraient dénoncer une ingérence judiciaire dans les prérogatives exécutives. La question reste désormais de savoir si le département d'État fera appel ou ajustera sa politique pour se conformer à la décision de justice.