Yasser Mounbir, 22 ans, a été interpellé il y a trois mois pour avoir publié sur Instagram des dessins représentant le roi Mohammed VI. Accusé d’outrage à une institution constitutionnelle et de diffamation, il comparaît devant le tribunal de première instance de Casablanca, un dossier qui relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Maroc.
Les faits reprochés et le cadre juridique
Le parquet a ouvert une procédure contre le jeune artiste après la diffusion de plusieurs caricatures du souverain sur son compte Instagram. Les autorités l’ont inculpé d’« outrage à une institution constitutionnelle par voie électronique » ainsi que d’outrage à des fonctionnaires publics. Selon l’article 179 du Code pénal marocain, toute diffamation, injure ou atteinte à la vie privée du roi est passible de six mois à deux ans de prison, peine pouvant être doublée lorsqu’elle est commise en ligne.
Déroulement de la procédure judiciaire
Mounbir a comparu devant le tribunal de Casablanca sans avocat, la profession étant en grève nationale depuis plusieurs semaines. Il a demandé à être libéré sous contrôle judiciaire, requête qui a été rejetée. Le juge a reporté l’audience au 21 septembre afin de permettre à la défense de se préparer, malgré l’absence d’un conseil juridique. Cette situation met en lumière les difficultés d’accès à la représentation légale dans un contexte de mobilisation professionnelle.
Enjeux pour les droits humains et la société marocaine
L’Association marocaine des droits humains (AMDH) suit de près l’affaire, rappelant que la répression de l’expression artistique contre la monarchie soulève des questions de conformité avec les standards internationaux en matière de liberté d’expression. Si le tribunal confirme les accusations, la peine pourrait être doublée en raison de la diffusion électronique, ce qui renforcerait la perception d’une législation punitive à l’encontre des critiques du pouvoir. Le cas de Mounbir devient ainsi un indicateur des tensions entre la protection de l’institution monarchique et les revendications d’un espace public plus ouvert.