Un immeuble résidentiel de deux étages s’est effondré dimanche à Nnewi, dans l’État d’Anambra, sans faire de victime. Les autorités locales en profitent pour lancer une campagne de tests d’intégrité sur les bâtiments suspects, révélant des failles structurelles liées à des constructions non autorisées.
Un bâtiment construit sans autorisation s’effondre
Le commissaire à l’urbanisme et à la planification physique de l’État d’Anambra, Chijioke Ojukwu, a confirmé l’effondrement d’un immeuble de deux étages situé à Inyaba-Umudim, dans la zone de Nnewi North. Selon ses déclarations, le bâtiment, construit sans l’approbation du ministère compétent, reposait directement sur le mur de clôture d’un immeuble voisin de trois étages. Cette pratique, courante dans certaines zones, expose les structures à des risques majeurs de stabilité.
Heureusement, aucun décès n’a été déploré, mais l’incident a servi d’électrochoc pour les autorités locales. Ojukwu a qualifié l’événement de « regrettable », tout en soulignant l’absence de victimes comme une « bénédiction ». Une évacuation préventive a été ordonnée pour les occupants d’un immeuble voisin, jugé potentiellement instable.
Des tests d’intégrité obligatoires pour tous les bâtiments suspects
Face à cette situation, le gouvernement d’Anambra a décidé de passer à l’action. Tous les bâtiments construits en violation des règles d’urbanisme – qu’il s’agisse de constructions sur des clôtures, de non-respect des distances de recul ou d’absence de permis – seront soumis à des tests d’intégrité obligatoires. Ceux qui échoueront à ces examens seront démolis sans délai.
Ojukwu a précisé que cette mesure concernera l’ensemble de l’État, avec une attention particulière pour les zones densément peuplées comme Nnewi. Les propriétaires de bâtiments illégaux seront également tenus responsables des coûts de démolition, une approche visant à décourager les pratiques frauduleuses dans le secteur de la construction.
Un signal fort pour l’urbanisme en Afrique de l’Ouest ?
Cet incident met en lumière les défis structurels auxquels font face de nombreuses villes africaines, où l’urbanisation rapide et le manque de régulation favorisent l’émergence de constructions dangereuses. En imposant des contrôles stricts et des sanctions immédiates, Anambra pourrait servir de modèle pour d’autres États nigérians ou africains confrontés à des problèmes similaires.
La question reste cependant de savoir si ces mesures seront appliquées avec la même rigueur dans tout l’État, ou si des pressions locales – notamment de la part de promoteurs immobiliers – ne viendront pas affaiblir leur mise en œuvre. Une surveillance accrue des chantiers et une collaboration avec les communautés locales seront essentielles pour garantir la sécurité des populations.