Un haut fonctionnaire de l'urbanisme condamné à sept ans de prison pour escroquerie foncière à Abuja

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 4 lectures
Un haut fonctionnaire de l'urbanisme condamné à sept ans de prison pour escroquerie foncière à Abuja

La Haute Cour du Territoire de la capitale fédérale (FCT) à Abuja a prononcé une peine de sept ans d'emprisonnement à l'encontre de Kinsley Eselebor, un agent de la Federal Capital Development Authority (FCDA). Reconnu coupable d'avoir orchestré une fraude foncière au moyen de documents falsifiés, cet ancien cadre de l'urbanisme illustre les failles persistantes dans la sécurisation des transactions immobilières au Nigeria.

Une usurpation de fonction au service de la fraude

Kinsley Eselebor, qui exerçait au sein du département de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire de la FCDA, a abusé de sa position pour tromper Moses Osinachi, un acheteur avec lequel il entretenait des liens de voisinage et de confession. En présentant deux parcelles situées dans le district de Kubwa comme étant légitimes, le fonctionnaire a utilisé des actes de cession portant des noms tiers pour convaincre sa victime. La confiance accordée par l'acheteur, renforcée par le statut officiel du vendeur, a conduit au transfert de fonds via la société Moscow International Services Limited.

La découverte d'un système de titres fictifs

La supercherie a été mise au jour lorsque l'acquéreur a tenté de prendre possession des terrains. Il a alors découvert que les parcelles faisaient l'objet de revendications concurrentes et que le vendeur ne possédait aucun titre de propriété valide. Malgré ses promesses de fournir des terrains de remplacement, Eselebor n'a jamais régularisé la situation, poussant la victime à saisir la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC). L'enquête a révélé l'usage systématique de faux documents, menant à une condamnation sur cinq chefs d'accusation.

Un signal fort contre le racket foncier

Pour l'EFCC, cette condamnation constitue un avertissement nécessaire face à la recrudescence des fraudes immobilières. Joshua Saidi, directeur des poursuites pénales de la commission, a souligné la gravité de l'utilisation de l'autorité publique pour faciliter des activités criminelles. Cette affaire s'inscrit dans un contexte de méfiance accrue : en février dernier, l'administration du territoire de la capitale avait déjà dû annuler 485 documents fonciers après avoir constaté leur inauthenticité lors de vérifications officielles.

Précautions pour les investisseurs

Face à la multiplication des dossiers de titres falsifiés, les autorités rappellent aux acheteurs la nécessité d'une vigilance accrue. Il est désormais vivement conseillé de procéder à une vérification systématique des titres de propriété via le service de recherche de l'Abuja Geographic Information Systems (AGIS) avant toute transaction. Cette étape, bien que technique, demeure le seul rempart efficace pour éviter les litiges liés à des documents frauduleux qui continuent de fragiliser le marché immobilier local.

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