Un escroc nigérian crée des agences fantômes et ouvre des comptes bancaires frauduleux, selon l'ICPC

Par Rédaction KUMBA 4 min de lecture 94 lectures
Un escroc nigérian crée des agences fantômes et ouvre des comptes bancaires frauduleux, selon l'ICPC

Un homme s’est fait passer pour un haut responsable nigérian en créant plusieurs agences gouvernementales fictives, ouvrant des comptes bancaires frauduleux et détournant des millions de nairas, selon les révélations de l’Independent Corrupt Practices and Other Related Offences Commission (ICPC).

Un réseau d’agences fantômes aux noms usurpés

Adeniyi Adeyemi, accusé d’avoir falsement endossé le titre de directeur général du Presidential Foreign Intervention Promotion Council (PFIPC), une prétendue agence fédérale, a également créé deux autres institutions illégales : la FCT Investment Promotion Agency (FIPA) et la Foreign Investment Promotion Agency and Public-Private Partnership (FIPA-PPP). Pour légitimer ces entités, il a forgé des documents législatifs imitant des lois fédérales, notamment le *Foreign Investment Promotion Agency and Public-Private Partnership Act* et le *FCT Investment Promotion Agency Act*.

Ces faux documents, similaires à ceux utilisés pour le PFIPC, lui ont permis d’ouvrir deux comptes bancaires à Unity Bank au nom de ces agences (numéros 0059761787 et 0059761718). L’ICPC a révélé que ces comptes n’avaient pas reçu l’autorisation obligatoire de l’Office of the Accountant-General of the Federation (OAGF), une étape pourtant indispensable pour toute entité gouvernementale.

Des tentatives d’infiltration des institutions publiques

L’enquête de l’ICPC montre qu’Adeyemi a cherché à s’immiscer dans les prérogatives d’autres agences fédérales en adressant des demandes de collaboration à des ministères et institutions. Parmi ses revendications figuraient la participation aux travaux du Conseil exécutif fédéral, la collecte de droits de timbre et de frais bancaires excédentaires, ou encore le traitement des visas pour investisseurs étrangers. Ces demandes empiétaient sur les missions du Nigerian Investment Promotion Council (NIPC), du Nigeria Immigration Service (NIS) et du Nigeria Revenue Service (NRS).

Il a également tenté d’organiser un *World Investment Summit* en octobre 2025, un événement coûteux (39 millions de nairas) organisé sans coordination avec le ministère des Affaires étrangères. Les fonds provenaient de Queenlizzyking Supermarket, une entreprise liée à Adeyemi, et de Braveicons Global Limited pour la location du lieu. Ces démarches ont finalement alerté les autorités, conduisant à la vérification de la légitimité du PFIPC et à la découverte de l’escroquerie.

Un système de fraude maintenu malgré les révélations

Malgré l’exposition du PFIPC en octobre 2025, Adeyemi a poursuivi ses activités sous une nouvelle entité, le *World Investment Summit Group*, ouvrant un compte à Moore Money Microfinance Bank (numéro 9300696687) recevant 71,7 millions de nairas. Il a même utilisé une adresse au sein du complexe ministériel fédéral de la Santé à Abuja pour correspondre avec le public, renforçant l’illusion d’une légitimité gouvernementale.

L’ICPC a également découvert une autre agence fantôme, le *National Brands Development and Made in Nigeria Special Project Office*, opérant au sein même du Bureau du Secrétaire général du gouvernement fédéral. Son promoteur présumé, George Buchi Nwabueze, aurait utilisé des variantes de son nom et bénéficié de complicités internes.

Des failles systémiques exploitées par les fraudeurs

L’enquête révèle que le PFIPC a pu fonctionner grâce à des failles dans les procédures de vérification, permettant à Adeyemi d’accéder à des processus gouvernementaux comme l’allocation de budgets, l’obtention d’espaces de bureau et l’engagement avec des parties prenantes diplomatiques. Le scandale a aussi mis en lumière des irrégularités dans l’allocation de 1,32 milliard de nairas dans le budget 2026 pour une entité non reconnue.

En réponse, le président Bola Tinubu a ordonné un audit forensique complet des systèmes gouvernementaux, incluant l’IPPIS (système de paie) et les contrôles administratifs des agences fédérales. Cet audit vise à identifier les faiblesses ayant permis ces fraudes et à renforcer les mécanismes de vérification des documents officiels.

Des recommandations pour des réformes structurelles

L’ICPC recommande la poursuite d’Adeyemi pour faux et usage de faux, usurpation d’identité et fausses déclarations. La commission appelle également à des investigations supplémentaires sur les rôles des banques (notamment Unity Bank), des fonctionnaires de l’OAGF, ainsi que sur les sources des fonds prétendument empruntés par le fraudeur. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté de restaurer la confiance dans les institutions nigérianes et de prévenir de futures escroqueries similaires.

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