La 83e Mostra de Venise ouvre ses portes le 2 septembre avec une sélection qui bouscule les codes : pour la première fois, un documentaire israélien sur le conflit à Gaza y sera projeté en compétition. Intitulé NAZA, ce film des réalisateurs oscarisés Yuval Abraham et Rachel Szor s’impose comme un témoignage brut des mécanismes de la violence systémique contre les civils palestiniens.
Un film né de l’urgence et de l’engagement
Yuval Abraham et Rachel Szor, déjà auteurs du documentaire primé No Other Land (Oscar 2025), signent avec NAZA une plongée dans les rouages d’un conflit où la destruction des vies civiles semble méthodiquement orchestrée. Le film, dont le titre évoque une forme de résistance ou de souffle vital, sera présenté le 10 septembre en présence des réalisateurs, des producteurs et de journalistes du Guardian, co-producteur de l’œuvre. Une projection qui s’annonce comme un moment clé de la Mostra, alors que les salles italiennes deviennent un écho aux débats internationaux sur la guerre à Gaza.
La Mostra de Venise, miroir des fractures culturelles
Avec NAZA, la Mostra de Venise confirme son rôle de plateforme pour des œuvres engagées, loin des blockbusters hollywoodiens. Le documentaire, seul en compétition dans cette catégorie, s’ajoute aux 20 autres films sélectionnés, où les réalisateurs français et italiens dominent une programmation volontairement décentrée des productions américaines. Une orientation qui reflète aussi les tensions géopolitiques : alors que le cinéma israélien est souvent associé à des récits nationaux, NAZA s’inscrit dans une démarche transnationale, portée par des voix critiques et des médias internationaux comme le Guardian.
Entre art et témoignage : quel impact sur le débat public ?
Le choix de la Mostra d’intégrer NAZA dans sa compétition officielle soulève une question plus large : jusqu’où le cinéma peut-il influencer les perceptions d’un conflit en temps réel ? Les réalisateurs, habitués aux enquêtes journalistiques, transforment ici leurs recherches en récit visuel, avec l’espoir de briser l’indifférence ou les récits biaisés. La présence du Guardian comme co-producteur renforce la crédibilité du projet, mais aussi son ambition : celle de faire du film un outil de mobilisation, au-delà des salles de cinéma. Reste à voir si cette projection, prévue en pleine actualité du conflit, parviendra à peser dans les consciences, alors que les images de Gaza inondent déjà les écrans du monde entier.