Un tribunal d’Accra a accordé une caution exceptionnelle de 150 000 GH¢ (environ 10 000 USD) à Saif Ahamad, directeur général d’Ali PVT Ghana Limited, poursuivi pour émission de cinq chèques sans provision totalisant 600 000 GH¢. La décision, assortie de conditions strictes, intervient dans un dossier où l’accusé clame son innocence, tandis que la justice examine les preuves d’un litige commercial entre deux entreprises locales.
Un litige commercial aux montants élevés
Entre 2024 et 2025, Parthagyl Ghana Limited, spécialisée dans la distribution de produits rizicoles, affirme avoir livré pour près de 7,05 millions de GH¢ de marchandises à Ali PVT Ghana Limited, dirigée par Saif Ahamad. En juin 2026, face à une dette impayée, Ahamad aurait émis cinq chèques en règlement, tous retournés impayés pour insuffisance de fonds. Le montant total des chèques (600 000 GH¢) représente moins de 10 % de la dette alléguée, mais leur émission frauduleuse constitue une infraction pénale au Ghana.
Des conditions de caution draconiennes
La juge Basilia Adjei-Tawiah a imposé à Ahamad une caution de 150 000 GH¢, avec deux garants : l’un doit justifier d’un patrimoine immobilier ou mobilier, l’autre doit être un salarié gagnant au moins 3 000 GH¢ mensuels. Le directeur a également dû déposer son passeport au greffe et se présenter chaque mardi à la police pour signature. Ces mesures visent à limiter les risques de fuite, bien que son avocat ait plaidé l’absence de danger de fuite et son engagement à coopérer avec la justice.
Une procédure judiciaire en suspens
Le procès, ajourné au 20 octobre 2026, pourrait donner lieu à une conférence de gestion de l’affaire si le parquet finalise ses révélations à temps. Ahamad, qui bénéficiait déjà d’une liberté sous caution pendant l’enquête, conteste les accusations et affirme pouvoir prouver son innocence. L’affaire soulève des questions sur la rigueur des contrôles bancaires et la gestion des dettes interentreprises au Ghana, un pays où les litiges commerciaux se multiplient avec la croissance du secteur privé.