La Division des investigations criminelles (DIC) a mis fin à un système frauduleux sophistiqué ayant permis le détournement de 390 millions de FCFA au ministère de la Santé et de l’Action sociale. Deux hauts responsables administratifs sont désormais poursuivis pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux.
Un mécanisme de fraude aux allocations de stage
Le stratagème, opérationnel entre avril 2021 et juillet 2026, visait les allocations versées aux étudiants en septième année de médecine. Ces bourses, d'un montant de 240 000 FCFA tous les quatre mois, étaient distribuées via la plateforme Orange Money. L'alerte a été donnée par un gestionnaire de la Direction des ressources humaines, intrigué par des réclamations récurrentes d'étudiants. En croisant les états de paiement du Trésor public avec les données de l'opérateur mobile, il a découvert que des numéros de téléphone étrangers aux bénéficiaires légitimes étaient intégrés aux fichiers de virement.
L'implication directe des agents administratifs
L'enquête de la DIC a révélé que les numéros personnels de Pape Abdourahmane Diakhaté, gestionnaire à la DRH, et d'Alioune Sy, adjoint au chef de la Division de la formation initiale, figuraient parmi les bénéficiaires. Plus d'une dizaine de lignes téléphoniques appartenant à leurs proches étaient également utilisées pour percevoir les fonds. Lors des auditions, ces complices ont confirmé avoir reçu les virements intitulés « ministère de la Santé » avant de reverser les sommes en espèces aux deux fonctionnaires.
L'absence de justificatifs pour les fonds détournés
Face aux preuves accumulées, les deux mis en cause ont reconnu avoir perçu directement sur leurs comptes personnels des montants respectifs de 81,4 millions et 12,2 millions de FCFA, en plus des sommes transitant par leurs proches. Pour justifier l'utilisation des 390 millions de FCFA détournés, ils ont invoqué des dépenses sociales, des réparations de véhicules administratifs et des frais de fonctionnement de leurs services. Cependant, aucune pièce comptable ou justificatif n'a pu être produit pour étayer ces déclarations, rendant la thèse du détournement à des fins personnelles prépondérante aux yeux des enquêteurs.