Un député ghanéen a suscité l’indignation après avoir tenu des propos jugés inappropriés envers une écolière lors d’une visite officielle au Parlement. L’incident, filmé et partagé sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la protection des mineurs et la responsabilité des adultes en position d’autorité.
Un incident révélateur de normalisations dangereuses
Lors d’une visite scolaire au Parlement, un député a complimenté une écolière en déclarant qu’il l’épouserait une fois adulte, des propos qui ont provoqué des rires dans l’assistance. Une réaction condamnée par DJ Switch, personnalité médiatique, qui dénonce une banalisation des commentaires romantiques ou sexualisants envers les enfants. Pour elle, ces remarques, même présentées comme de l’humour, participent à une culture de désensibilisation où les mineurs deviennent des objets de fantasmes adultes.
L’artiste souligne que ces comportements, souvent minimisés sous prétexte de tradition ou de légèreté, s’inscrivent dans une logique plus large de normalisation de la violence symbolique. Elle cite des exemples similaires, comme des adultes réservant des enfants pour des unions futures ou plaisantant sur des relations précoces, des pratiques qui, selon elle, préparent le terrain à des abus plus graves. DJ Switch rappelle aussi avoir elle-même été victime de tels commentaires depuis l’enfance, certains adultes évoquant publiquement son « mûrissement » comme une échéance attendue.
Responsabilité institutionnelle et limites des mécanismes de protection
Face à l’ampleur des réactions, le député a présenté des excuses, mais la polémique dépasse le cadre individuel. DJ Switch interroge l’efficacité des institutions ghanéennes dans la lutte contre ces dérives, notamment en ligne où les commentaires sexualisants envers les mineurs se multiplient. Elle critique l’absence de mesures concrètes après des signalements, comme dans le cas d’un commentaire signalé à l’autorité cyber, resté sans suite. La question se pose : comment garantir la protection des enfants lorsque les discours inappropriés émanent même de représentants élus ?
Au-delà du Ghana, ce cas illustre un défi continental. La protection de l’enfance exige une remise en question des normes sociales qui tolèrent encore des comportements autrefois considérés comme anodins. L’enjeu n’est pas seulement juridique, mais culturel : briser le cycle de la banalisation pour préserver l’innocence et la dignité des mineurs.