Un conflit communautaire survenu mi-septembre dans la zone de Mbamnga, dans l'État de Taraba, a entraîné le déplacement forcé de plus de 1 000 résidents et la destruction de 340 maisons. Cette crise, qui a duré trois jours, a également provoqué l'exode d'une partie de la population vers le Cameroun voisin et soulève des inquiétudes majeures quant à la stabilité sécuritaire sur le plateau de Mambilla.
Une escalade violente aux conséquences humanitaires lourdes
Le conflit, qui a éclaté le 16 septembre 2026, a frappé plusieurs localités, dont Geroji et Mbara. Au-delà des pertes en vies humaines et des personnes portées disparues, les dégâts matériels sont considérables : des stocks alimentaires ont été anéantis et du bétail a été volé ou abattu, privant les familles de leurs moyens de subsistance. La situation est aggravée par la saison des pluies, qui expose les déplacés, privés de toit, à des conditions sanitaires précaires.
Le déclenchement des hostilités et la réponse sécuritaire
Selon Mohammed Umar, président du gouvernement local de Sardauna, les violences auraient été déclenchées par une altercation sur une exploitation agricole entre une femme Mambilla et un homme peul. Face à la gravité de la situation, incluant le décès d'un agent des services de sécurité de l'État (SSS), les autorités ont déployé des renforts pour rétablir l'ordre. Des démarches sont actuellement en cours pour organiser le rapatriement des citoyens ayant trouvé refuge dans la division de Donga-Mantung, au Cameroun.
Défis de réintégration et fragilité du plateau de Mambilla
Les chefs traditionnels, dont le chef de Mbamnga, Abubakar Saleh, appellent à l'apaisement et à la préservation des liens historiques entre les communautés. Toutefois, cet événement ravive les craintes liées aux épisodes de violence intercommunautaire de 2017 et 2018 dans la région. L'enjeu immédiat pour les autorités et les partenaires humanitaires est désormais double : assurer la sécurité durable sur le terrain et mobiliser l'aide nécessaire pour le relogement, la réhabilitation et la réintégration des populations sinistrées.