Le Ghana se dote d’un comité de 11 membres, associant majorité et opposition, pour piloter la mise en œuvre de ses réformes constitutionnelles. Une initiative saluée par Sulemana Braimah, directeur exécutif de la Media Foundation for West Africa, qui y voit un gage de succès pour un processus inclusif et apaisé.
Un comité conçu pour transcender les clivages politiques
L’Attorney General du Ghana a récemment officialisé la création d’un comité de 11 personnes chargé de superviser l’application des recommandations issues du processus de révision constitutionnelle. Ce choix stratégique repose sur une composition bipartisane, intégrant des représentants des deux principaux courants politiques du pays. Sulemana Braimah, figure influente du paysage médiatique ouest-africain, y voit une opportunité majeure pour éviter les blocages partisans et garantir que les réformes servent l’intérêt général plutôt que des intérêts électoraux.
Selon lui, cette approche pourrait enfin permettre au processus de aboutir, après des années de débats et de reports. « Je suis satisfait de la composition de cette équipe. Son caractère bipartisan donne de l’espoir quant à la possibilité que le processus aboutisse cette fois-ci », a-t-il déclaré lors d’une intervention médiatique.
Des attentes élevées pour un processus sous haute surveillance
Le mandat de ce comité s’annonce délicat : il devra non seulement traduire en actes les propositions du Comité de révision constitutionnelle, mais aussi s’assurer que leur mise en œuvre ne soit pas entravée par des rivalités politiques. Braimah insiste sur la nécessité pour ses membres de dépasser leurs affiliations partisanes et de travailler de manière collégiale, un défi de taille dans un contexte où les tensions politiques restent vives.
Cette initiative intervient après des années de discussions sur la nécessité de moderniser la Constitution ghanéenne, un texte souvent critiqué pour ses lacunes et son inadéquation avec les réalités contemporaines. Les réformes envisagées pourraient toucher des domaines sensibles, comme la limitation des mandats présidentiels ou la décentralisation du pouvoir, des sujets qui divisent profondément la classe politique.
Un pari risqué mais nécessaire pour la stabilité démocratique
Si le succès de ce comité dépendra largement de sa capacité à fédérer au-delà des clivages, son échec pourrait, à l’inverse, aggraver les fractures politiques et miner la confiance des citoyens dans les institutions. Les observateurs soulignent que le Ghana, souvent présenté comme un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest, ne peut se permettre un nouveau revers dans ce dossier.
Pour l’heure, les signaux sont encourageants : la composition du comité reflète une volonté affichée de consensus, et les attentes de la société civile, comme celle exprimée par Braimah, sont fortes. Reste à voir si cette dynamique pourra se concrétiser dans les mois à venir, alors que le pays se prépare à des échéances électorales majeures.