Deux ressortissants nigérians, dont un ancien cadre des services d'immigration américains (USCIS), ont été arrêtés le 2 septembre dernier dans le district nord du Texas. Ils sont accusés d'avoir orchestré un système de corruption à grande échelle visant à monnayer l'approbation et l'accélération de dossiers migratoires.
Un détournement des procédures fédérales
Lukman Owolabi Ganiyu, ancien officier supérieur au sein de l'USCIS, est soupçonné d'avoir abusé de ses fonctions entre décembre 2019 et mars 2026. Selon la plainte pénale déposée par le procureur fédéral, l'intéressé aurait contourné systématiquement les protocoles de sécurité obligatoires, notamment les entretiens de contrôle, les vérifications d'antécédents et les examens par la hiérarchie. Ces manipulations auraient permis de valider des demandes de résidence permanente, de naturalisation ou de regroupement familial pour des candidats parfois inéligibles au regard de la loi fédérale.
Des échanges financiers documentés
L'enquête, menée conjointement par le FBI et les services d'inspection du Département de la Sécurité intérieure, a mis en lumière des flux financiers importants. Les deux suspects, Ganiyu et son complice Adeniyi Akeem Somoye, auraient perçu des centaines de milliers de dollars en échange de ces décisions administratives frauduleuses. Les autorités ont pu établir un lien direct entre des paiements spécifiques et l'approbation de dossiers, s'appuyant sur des milliers de messages WhatsApp et d'appels téléphoniques interceptés entre les deux hommes et les demandeurs.
Des risques judiciaires élevés
Pour les autorités américaines, cette affaire dépasse le cadre de la simple fraude administrative. Le FBI a souligné que de telles pratiques compromettent l'intégrité du système migratoire et, par extension, la sécurité nationale. Les deux prévenus ont fait leur première comparution devant un juge fédéral le 2 septembre. S'ils sont reconnus coupables de conspiration pour réception de gratifications illégales par un agent public, ils encourent chacun une peine maximale de cinq ans de prison fédérale ainsi qu'une amende pouvant atteindre 250 000 dollars.