Jacob Coxon, ancien chercheur chez OpenAI et Anthropic, a quitté les deux laboratoires en dénonçant l’absence de responsabilité face aux risques d’une intelligence artificielle capable de menacer l’humanité d’ici la fin de la décennie. Dans un message publié sur X, il réclame une coordination globale et même une suspension temporaire des avancées les plus critiques.
Départ d’un chercheur clé et ses accusations publiques
Après trois ans de travail sur le pré‑entraînement, dont une contribution reconnue au modèle GPT‑4o d’OpenAI, Jacob Coxon a annoncé sa démission sur le réseau social X. Il y a déclaré que « aucune des deux entreprises n’agit de façon responsable », soulignant que les deux laboratoires estiment que l’IA pourrait « nous tuer d’ici la fin de la décennie ». Son message vise à alerter le public et les décideurs sur la gravité du danger perçu.
La dynamique de concurrence qui accélère les risques
Coxon explique que la course effrénée entre les acteurs du secteur pousse chaque laboratoire à accélérer le développement de modèles toujours plus puissants, de peur d’être devancé par un rival. Selon lui, aucune autre activité humaine ne présente un niveau de danger comparable, et la concurrence empêche toute entreprise de ralentir seule, chaque acteur craignant de perdre son avantage compétitif.
Anthropic : promesses de sécurité face à la pression du marché
Anthropic, fondée en 2021 par Dario et Daniela Amodei après leur départ d’OpenAI pour des désaccords sur la sécurité et l’alignement, a toujours mis en avant la responsabilité. L’entreprise a publié une « Responsible Scaling Policy » et, en août 2026, une évaluation publique détaillant les risques associés à ses modèles ainsi que les mesures d’atténuation prévues, incluant la possibilité de suspendre le développement si nécessaire. Malgré ces engagements, Coxon constate que la pression du marché continue de contraindre les laboratoires à suivre le même rythme que leurs concurrents.
Appel à une coordination internationale et à une pause temporaire
Face à l’impasse créée par la rivalité, le chercheur propose que les laboratoires IA se coordonnent au niveau mondial, voire qu’une interdiction temporaire soit mise en place pour bloquer les progrès sur les capacités des modèles tant que la course ne ralentit pas. Il estime que seule une action collective pourra éviter que le développement incontrôlé d’une IA avancée ne dépasse les garde‑fous de sécurité actuellement envisagés. Pour sa part, Coxon a indiqué qu’il ne reviendra pas travailler dans un autre laboratoire d’IA, marquant ainsi une rupture symbolique avec un secteur qu’il juge trop dangereux sans régulation forte.