La Commission Madlanga, mise en place par le président Cyril Ramaphosa suite aux révélations du lieutenant‑général Nhlanhla Mkhwanazi, célèbre son premier anniversaire en présentant des témoignages sur des allégations d’infiltration criminelle et d’ingérence politique au sein des forces de l’ordre sud‑africaines.
Mandat et premières auditions de la Commission
Créée en juillet 2025, la commission a pour mission d’enquêter sur la criminalité, les interférences politiques et la corruption dans le système de justice pénale. Depuis son lancement, plus d’une centaine de témoins ont été auditionnés, aboutissant à plusieurs recommandations et renvois pour des investigations complémentaires.
Démantèlement contesté du Political Killings Task Team (PKTT)
Au cœur de l’enquête figure la dissolution du PKTT, unité spécialisée créée par le Comité interministériel (IMC). Le ministre de la Police de l’époque, Senzo Mchunu, a justifié la décision par des contraintes budgétaires et un rapport de 2019 qui, selon lui, s’opposait aux équipes autonomes. Le rapport, signé par l’ancien commissaire Khehla Sitole, ne préconisait pourtant pas la suppression du PKTT. Le commissaire Sandile Khumalo a dénoncé une mauvaise interprétation du document, rappelant que seule l’autorité du ministre et de l’IMC pouvait prononcer la fin de l’unité.
Allégations de collusion entre la SAPS et des réseaux criminels
Les auditions ont mis en lumière des accusations selon lesquelles des membres de la South African Police Service auraient facilité l’infiltration de syndicats criminels. Le dossier mentionne Vusimuzi « Cat » Matlala, accusé de tentative de meurtre, en possession d’une lettre de dissolution du PKTT, ainsi que le businessman du Nord‑Ouest, Brown Mogotsi, qui aurait servi d’intermédiaire entre Mchunu et Matlala, réclamant des fonds prétendument destinés à la campagne politique du ministre. Matlala a nié toute rencontre ou paiement à Mchunu devant l’avocat Mahlape Sello.
Enjeux et suite de l’enquête
Matlala reste sous assignation devant la commission, tandis que Mchunu doit également comparaître pour répondre aux accusations, dont celle d’avoir sollicité le lieutenant‑colonel Deenadayalan Govender des Hawks du KwaZulu‑Natal pour incriminer Mkhwanazi dans des fusillades policières. La commission prévoit de poursuivre ses auditions, ce qui pourrait entraîner de nouvelles mesures législatives ou disciplinaires visant à renforcer l’intégrité du système judiciaire sud‑africain.