Un an après les violences électorales en Tanzanie, l'exigence de vérité et de justice demeure au cœur des tensions nationales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 5 lectures
Un an après les violences électorales en Tanzanie, l'exigence de vérité et de justice demeure au cœur des tensions nationales

Un an après les violences meurtrières qui ont marqué l'élection présidentielle du 29 octobre 2025, la Tanzanie commémore ces événements dans un climat de vive tension. Alors que le bilan officiel de 518 morts reste contesté et que les conclusions complètes de la commission d'enquête gouvernementale n'ont jamais été rendues publiques, les appels à la justice et à la transparence se multiplient.

L'impasse sur les responsabilités politiques

La crise électorale de 2025, marquée par l'exclusion de candidats de l'opposition et un black-out numérique de cinq jours, a plongé le pays dans une instabilité inédite. Le chercheur Nicodemus Minde souligne que, malgré les travaux d'une commission d'enquête, l'absence de transparence sur les faits empêche toute résolution sereine. La mise en place d'une seconde commission, focalisée sur les aspects criminels, est accueillie avec scepticisme par les observateurs, qui craignent que cette approche ne serve à occulter les responsabilités politiques plutôt qu'à favoriser une véritable réconciliation nationale.

Les revendications du parti Chadema

Le principal parti d'opposition, Chadema, a décrété une semaine de commémoration, du 29 octobre au 4 novembre, pour honorer la mémoire des victimes. Le parti exige désormais la mise en place d'une enquête indépendante et transparente, ainsi qu'un mécanisme d'indemnisation pour les familles endeuillées. Cette mobilisation intervient alors que les autorités policières ont émis des mises en garde contre de possibles troubles, accusant sans preuves tangibles des opposants et des responsables religieux de préparer de nouvelles violences.

La position des autorités religieuses

Face à cette impasse, le Conseil chrétien de Tanzanie (CCT) appelle à la réconciliation tout en posant une limite claire : le pardon ne saurait se substituer à la justice. Le révérend Moses Matonya insiste sur la nécessité pour toutes les parties de reconnaître leurs erreurs, tout en affirmant que les auteurs des violences devront répondre de leurs actes devant les tribunaux. Si les Églises privilégient le dialogue national et la prière, elles rappellent également l'importance du respect des libertés fondamentales, dans un contexte où la disparition récente d'un militant tanzanien au Kenya ravive les craintes persistantes concernant les enlèvements et les atteintes aux droits humains.

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