Un an après le soulèvement populaire qui a bouleversé l'échiquier politique malgache, la place du 13 mai à Antananarivo s'apprête à commémorer le début de la contestation du 25 septembre 2025. Entre devoir de mémoire et bilan critique, cet anniversaire met en lumière les attentes toujours non satisfaites des citoyens face à une transition dont les effets tardent à se concrétiser.
De la crise des services publics au basculement politique
Le mouvement, initialement porté par une jeunesse mobilisée sur les réseaux sociaux, était né d'une exaspération profonde face aux coupures récurrentes d'eau et d'électricité. Ce qui n'était qu'une revendication sociale s'est rapidement mué en une contestation politique nationale, exigeant le départ du président Andry Rajoelina. Après des semaines de tensions et d'affrontements, le processus a abouti au départ du chef de l'État le 12 octobre 2025, suivi de sa destitution par l'Assemblée nationale et de l'accession au pouvoir du colonel Michaël Randrianirina, marquant le début de la période dite de « Refondation ».
La persistance des défis énergétiques
Si le paysage politique a été radicalement transformé, la réalité quotidienne des Malgaches reste marquée par les mêmes fragilités infrastructurelles qu'il y a un an. Le retour récent des délestages électriques ravive les critiques de la population, soulignant que les problèmes structurels ayant déclenché la crise de 2025 ne sont pas encore résolus. Cette situation nourrit un sentiment de frustration parmi les acteurs de la première heure, qui estiment que les changements promis peinent à transformer durablement les conditions de vie.
Les incertitudes sur le calendrier électoral
La commémoration, organisée notamment avec le concours de la Gen Z Madagasikara, intervient dans un climat de débats internes sur la trajectoire du pays. Au-delà des divergences sur la forme que doit prendre cet hommage, une question centrale demeure : celle de la durée de la période de transition. Alors que le pays cherche à stabiliser ses institutions, le calendrier menant à un retour à un pouvoir issu des urnes reste au cœur des discussions, cristallisant les attentes d'une partie de la société civile qui appelle à une accélération du processus démocratique.