Un an après la mort du député de Betioky Sud, Jean‑Jacques Rabenirina, ses proches dénoncent des zones d’ombre persistantes autour des circonstances de son décès et ont décidé de porter l’affaire en appel, réclamant notamment une autopsie officielle.
Le premier procès : accident de la route et condamnations
Le 26 septembre 2025, le parlementaire est décédé à l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona, suite à un incident survenu à Andoharanofotsy. Le tribunal a retenu la thèse d’un accident impliquant un camion, condamnant le conducteur à 18 mois de prison ferme pour homicide involontaire, augmentés de 12 mois pour délit de fuite. Six médecins poursuivis pour non‑assistance ont été relaxés.
Les contestations de la famille : blessures, témoins et téléphone
Les proches, représentés par Ramamonjisoa Virapin, estiment que le verdict ne rend pas compte de plusieurs éléments. Ils soulignent des blessures graves à la tête, aux bras et aux jambes, incompatibles avec la simple collision avec un poids lourd, et évoquent la possibilité d’une manipulation du corps. Le téléphone portable du député aurait disparu avant d’être restitué, vidé de son contenu, ce qui alimente les soupçons quant à d’éventuelles suppressions d’informations. De plus, les gardes du corps qui accompagnaient le député n’auraient pas comparu aux premières auditions, puis auraient fourni des déclarations contradictoires lors de la reconstitution judiciaire.
Dimension politique et appel de la famille
L’affaire a rapidement pris une tournure politique. Un pasteur expatrié a remis en cause la version accidentelle, évoquant le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, qui a nié toute implication et a appelé à laisser la justice faire son travail. Face à ces divergences, la famille a annoncé son intention de faire appel du jugement et de solliciter une autopsie afin d’éclaircir les circonstances exactes du décès. Elle insiste sur le fait qu’elle ne cherche pas à incriminer, mais à obtenir la vérité pour que le dossier ne soit pas clôturé.