Un agent de sécurité sénégalais placé en détention préventive dans le cadre d’une enquête pour crimes contre l’humanité liés aux manifestations 2021‑2024

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 50 lectures
Un agent de sécurité sénégalais placé en détention préventive dans le cadre d’une enquête pour crimes contre l’humanité liés aux manifestations 2021‑2024

Le tribunal de grande instance de Dakar a ordonné la détention préventive d’un agent de sécurité du campus de l’Université Cheikh-Anta-Diop, l’accusant de crimes contre l’humanité pour des actes de violence commis pendant les manifestations de 2021 à 2024. Cette décision s’inscrit dans la première instruction judiciaire sénégalaise visant des violations de droit international à l’échelle du pays.

Une première instruction judiciaire pour crime contre l’humanité

La Section de recherches de Dakar a clôturé son enquête couvrant les troubles sociaux survenus entre 2021 et 2024, ouvrant une information judiciaire pour crime contre l’humanité – une qualification inédite dans le système judiciaire sénégalais. Cette qualification permet de contourner la loi d’amnistie adoptée en mars 2024, qui aurait autrement pu protéger les auteurs de ces faits.

Les accusations portées contre l’agent de sécurité du campus

L’agent de sécurité, identifié comme Ibrahima Diaw, est accusé d’avoir volontairement percuté le manifestant Mamadou Ndoye, âgé de 53 ans, ainsi que d’avoir participé à des actes de torture. Le tribunal a retenu les chefs d’accusation d’association de malfaiteurs et de crime contre l’humanité, justifiant ainsi sa mise en détention préventive. Deux autres prévenus, dont un proche du ministre de la Jeunesse Pape Malick Ndour, sont soumis à un contrôle judiciaire et portent un bracelet électronique.

Réactions d’Amnesty International et implications pour la loi d’amnistie

Amnesty International, qui soutient les familles des 65 victimes recensées, a salué la décision judiciaire tout en appelant à ce que les forces de l’ordre soient également interrogées. L’ONG souligne que la qualification de crime contre l’humanité constitue un mécanisme essentiel pour garantir que les auteurs ne puissent se soustraire à la justice grâce à la loi d’amnistie récente.

Le témoignage du plaignant et le contexte des violences

Le dossier a été initié par la plainte de Pape Abdoulaye Touré, étudiant en master de droit, qui a dénoncé en septembre 2024 une séquestration et un enlèvement illégal subis en juin 2023. Selon son récit, il aurait été arrêté par des individus se présentant comme agents de sécurité du ministre et comme gendarmes, puis soumis à des passages à tabac et à des menaces de mort. Les images de son visage tuméfié, diffusées à l’époque, ont alimenté une vive indignation dans l’opinion publique sénégalaise.

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