Lors d’une réunion du Conseil exécutif national du parti Jubilee à Nairobi, l’ancien président Uhuru Kenyatta a remis en question la légitimité du mandat de William Ruto, affirmant que le défunt Raila Odinga aurait remporté l’élection présidentielle de 2022. Cette prise de parole, première du genre, relance un débat politique déjà tranché par la Cour suprême du Kenya.
Déclaration d’Uhuru Kenyatta lors du Conseil exécutif du Jubilee
Au cours de la séance, Uhuru Kenyatta a déclaré rester convaincu que Raila Odinga avait obtenu la majorité des suffrages, notamment après que le parti Jubilee ait rejoint la campagne du candidat. Il a suggéré que des événements survenus après le scrutin auraient pu modifier le résultat officiel, et a appelé les personnes au courant à « dire la vérité ». Cette affirmation constitue la première fois que l’ancien chef d’État exprime publiquement un doute sur le processus électoral de 2022.
Le contexte juridique : la décision de la Cour suprême
La Cour suprême du Kenya a déjà statué, dans le cadre de la contestation post‑électorale, que le résultat de l’élection de 2022 était conforme à la loi et a confirmé la victoire de William Ruto. Cette décision a mis fin aux recours judiciaires présentés à l’époque et a légitimé le mandat du nouveau président. La remise en cause d’Uhuru intervient donc après un arrêt définitif des instances judiciaires.
Les analystes politiques attendent de voir si le Parlement ou le Conseil des affaires électorales interviendra pour examiner ces nouvelles accusations, même si aucune procédure officielle n’a été ouverte depuis la décision judiciaire. De même, les partenaires internationaux qui ont suivi le processus électoral pourraient demander des éclaircissements afin de garantir la transparence du scrutin.
Implications politiques et risques de polarisation
En soulevant à nouveau la question de la légitimité du scrutin, le discours d’Uhuru Kenyatta pourrait raviver les tensions entre les partisans de Ruto et ceux d’Odinga, ainsi que mettre à l’épreuve la cohésion du parti Jubilee, qui a soutenu le président sortant. Si d’autres responsables ou observateurs décident de corroborer ou de contester ces allégations, le débat pourrait s’étendre aux institutions publiques et aux médias, avec le risque d’alimenter une polarisation accrue au sein de la société kenyane. Les observateurs politiques suivront de près les réactions du gouvernement et les éventuelles initiatives visant à clarifier les faits.