L’UDB sous tension avant son implantation dans l’Ogooué-Maritime.
Des éclats. Des voix. Une place publique devenue scène de rivalités. La tournée d’implantation de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) à Port-Gentil bascule dans le chaos. Samedi, sur la Place de la Concorde, deux figures clés du parti, Lucie Daker Akendengué et Marie-Stéphanie Inguiessi, s’affrontent ouvertement. Leur duel pour le contrôle de la province et de son chef-lieu révèle des fractures profondes au sein d’une formation censée incarner l’unité nationale.
Qui a le droit de parler au nom de l’Ogooué-Maritime ? Tout commence lors de la cérémonie d’installation des structures locales. Officiellement, Lucie Daker Akendengué doit être désignée déléguée provinciale. Mais certains cadres, mécontents, contestent cette nomination. "Les équilibres politiques locaux n’ont pas été respectés", murmurent-ils entre deux rangs. La tension monte. Les voix s’élèvent. Marie-Stéphanie Inguiessi, elle, voit son bureau communal remis en cause. Les discussions s’enveniment. La cérémonie s’arrête net.
Un parti qui se déchire avant même de se construire. Face au risque d’un éclatement public, les poids lourds de l’UDB interviennent. Laurence Ndong, ministre, et Régis Michel Onanga Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, montent au créneau. "L’unité du parti prime sur tout", martèlent-ils. Leur discours porte. Les passions s’apaisent. Lucie Daker Akendengué est finalement installée dans ses fonctions, entourée d’un bureau déjà désigné à Libreville.
Pourquoi ces tensions alors que l’UDB mise sur l’expansion ? Le secrétaire général, Mays Mouissi, minimise l’incident : "C’est normal dans une formation en croissance." Mais l’observation reste cruelle. L’Ogooué-Maritime, porte d’entrée du sud du pays, devient un terrain de jeu politique. Les rivalités locales risquent de freiner la dynamique nationale. Comment un parti présidentiel peut-il se construire sur des divisions ?
L’UDB persévère, malgré tout. La tournée se poursuit dans d’autres communes. L’objectif reste clair : ancrer le parti sur le terrain. Mais une question plane : pourra-t-il surmonter ces clivages avant les prochaines échéances électorales ? L’UDB mise sur son ancrage local. Pourtant, sans cohésion, même les meilleures intentions s’effritent.
Un parti en quête d’équilibre L’UDB incarne aujourd’hui deux réalités contradictoires. D’un côté, une militante mobilisée à Port-Gentil, prête à défendre ses leaders. De l’autre, des fractures qui menacent son projet. La gestion des équilibres internes devient un défis majeur. Sans elle, l’expansion territoriale risque de se transformer en guerre de chapelles.
Alors, l’UDB réussira-t-elle à unifier avant de conquérir ? La réponse se jouera dans les mois à venir. Une chose est sûre : le sud du Gabon ne sera pas un terrain conquis sans combat.