Uber quitte le Nigeria : les chauffeurs dénoncent un abandon sans consultation et alertent Bolt et InDrive

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 37 lectures
Uber quitte le Nigeria : les chauffeurs dénoncent un abandon sans consultation et alertent Bolt et InDrive

Le syndicat des chauffeurs de VTC nigérians fustige le retrait soudain d’Uber, jugé irresponsable, et met en garde Bolt et InDrive contre des pratiques similaires, accusées d’aggraver les conditions de travail dans le secteur.

Un départ critiqué pour manque de transparence et mépris des travailleurs

L’Amalgamated Union of App-Based Transporters of Nigeria (AUATON) a vivement condamné la décision d’Uber de quitter le marché nigérian des VTC, qualifiant ce retrait de « non professionnel » et de « mépris » envers les milliers de chauffeurs ayant contribué à bâtir sa plateforme. Selon le porte-parole national de l’AUATON, Jossy Adaraniwon, Uber n’a prévenu ni les conducteurs ni les autorités avant de suspendre ses opérations, une attitude jugée « irresponsable » et « antisyndicale ».

Des pratiques économiques pointées du doigt, un secteur en crise

L’AUATON accuse Uber d’avoir exploité les chauffeurs via un modèle économique prédateur, refusant toute négociation collective et sapant les droits des travailleurs. Cette stratégie aurait, selon le syndicat, poussé Bolt et InDrive à adopter des pratiques similaires, déclenchant une « course vers le bas » dans le secteur. Les conséquences sont tangibles : allongement des temps d’attente, baisse des revenus des chauffeurs et réduction du nombre de conducteurs actifs, en raison de conditions de travail dégradées.

Bolt et InDrive sommées de rompre avec le modèle Uber

Face à ce constat, l’AUATON a lancé un ultimatum à Bolt et InDrive, les exhortant à instaurer des mécanismes de dialogue social authentiques et à reconnaître le syndicat comme seul représentant légitime des chauffeurs. « La porte du dialogue reste ouverte, mais le temps presse », a prévenu Adaraniwon, menaçant les deux plateformes de subir le même sort qu’Uber si elles persistent dans leur approche. Le syndicat exige désormais des salaires équitables, des packages sociaux, une transparence tarifaire, des mesures de sécurité renforcées et le respect des normes de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Accusations graves contre Uber : anti-syndicalisme et sabotage interne

Outre son retrait précipité, Uber est accusé par l’AUATON d’avoir mené une campagne anti-syndicale au Nigeria, allant jusqu’à déposer une pétition auprès du ministère fédéral du Travail pour bloquer l’enregistrement légal de l’union. Le syndicat affirme également que la plateforme aurait financé des individus au sein de l’AUATON pour semer la division et bloquer les négociations sur les droits des chauffeurs. Une stratégie qualifiée de « sabotage » par Adaraniwon, qui promet de ne pas laisser des acteurs étrangers exploiter les ressources nigérianes sans rendre de comptes.

Un appel à l’unité et à la vigilance

Malgré le départ d’Uber, l’AUATON appelle ses membres à rester unis et à soutenir les plateformes prêtes à signer des accords collectifs. Le syndicat insiste sur la nécessité d’une régulation du secteur pour éviter que les chauffeurs ne deviennent les premières victimes d’un marché dominé par des géants technologiques peu soucieux de leur bien-être. La question du dialogue social et de la reconnaissance syndicale s’impose désormais comme un enjeu central pour l’avenir des VTC au Nigeria.

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