Uber quitte le Nigeria et l’Ouganda : quels impacts pour les chauffeurs et les usagers ?

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 41 lectures
Uber quitte le Nigeria et l’Ouganda : quels impacts pour les chauffeurs et les usagers ?

Le géant des transports Uber a annoncé la fermeture immédiate de ses opérations au Nigeria et en Ouganda, deux marchés clés du continent. Une décision qui s’inscrit dans une stratégie globale de recentrage, mais qui laisse des milliers de chauffeurs et usagers face à une incertitude économique et sociale.

Un retrait stratégique après des années de tensions

Uber, présent au Nigeria depuis 2014 et en Ouganda depuis 2016, justifie cette fermeture par une « décision difficile » après un examen approfondi de ses activités. Cette annonce intervient alors que le PDG Dara Khosrowshahi a récemment annoncé une réduction de 10 % des effectifs mondiaux, signe d’un virage économique plus large.

Au Nigeria, les chauffeurs de VTC dénonçaient depuis des années des tarifs trop bas face à la hausse des coûts du carburant et des commissions jugées excessives. La suppression des subventions sur les carburants en 2023, décidée par le président Bola Tinubu, a encore aggravé la situation en alourdissant le coût de la vie. Les grèves et actions syndicales se sont multipliées, reflétant une crise structurelle du secteur.

Lagos et Kampala : deux capitales sous pression

À Lagos, où Uber avait lancé en 2019 un service de transport par bateau pour contourner les embouteillages légendaires, la fermeture risque de fragiliser davantage un écosystème déjà tendu. La métropole, l’une des plus congestionnées au monde, dépendait en partie de ces solutions alternatives pour fluidifier les déplacements. À Kampala, en Ouganda, la disparition d’Uber laisse un vide que des concurrents comme Bolt, Faras ou SafeBoda pourraient combler, mais sans garantie de stabilité pour les usagers.

Les observateurs soulignent que ce retrait illustre les défis persistants des plateformes de mobilité en Afrique subsaharienne, où les coûts opérationnels, la concurrence locale et les attentes des consommateurs rendent le modèle économique fragile.

Quelles conséquences pour les acteurs locaux ?

Uber a promis un accompagnement pour ses employés et chauffeurs licenciés, avec un centre d’assistance ouvert jusqu’au 23 septembre pour régler les litiges en suspens. Pourtant, cette fermeture laisse des milliers de travailleurs du secteur sans revenus stables, dans un contexte où les alternatives locales peinent à offrir des conditions équitables.

Pour les usagers, la transition pourrait être brutale : perte de traçabilité des courses, hausse potentielle des tarifs chez les concurrents, ou encore retour à des solutions informelles moins sécurisées. Une situation qui interroge sur la durabilité des modèles de VTC en Afrique, où l’innovation doit désormais composer avec des réalités économiques et sociales de plus en plus complexes.

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