Le géant des transports et de la livraison Uber annonce le licenciement de plus de 3 000 salariés, soit près de 10 % de ses effectifs mondiaux, dans le cadre d’une restructuration visant à simplifier sa gouvernance et à recentrer ses investissements sur ses activités phares.
Une purge managériale pour fluidifier la prise de décision
Dara Khosrowshahi, PDG d’Uber, justifie ces suppressions par une accumulation excessive de niveaux hiérarchiques et d’équipes réduites, ralentissant les processus décisionnels. Selon lui, cette refonte doit permettre à l’entreprise de saisir « les plus grandes opportunités à venir » en adoptant un modèle plus agile. Les licenciements, qui touchent aussi bien les managers que les employés non-cadres, s’accompagnent d’une fusion de nombreuses petites équipes en structures plus larges, sans que les sites les plus impactés ne soient précisés.
Un recentrage sur les véhicules autonomes et la robotaxi
Cette restructuration s’inscrit dans une stratégie de réallocation des ressources vers les segments jugés stratégiques : les partenariats dans les véhicules autonomes, l’expansion des services de VTC et de livraison, ainsi que le développement des opérations de robotaxi. Uber mise ainsi sur l’innovation technologique pour consolider son avance face à des concurrents comme Lyft ou les acteurs chinois du secteur. Parallèlement, l’entreprise durcit sa politique de télétravail, imposant à près de 99 % de ses salariés de travailler sur site dans des hubs désignés.
Des économies potentielles de 2 milliards de dollars par an
Les analystes estiment que ces licenciements pourraient générer jusqu’à 2 milliards de dollars d’économies annuelles, un levier financier crucial pour financer les investissements dans les nouvelles technologies. Contrairement à d’autres géants technologiques ayant massivement réduit leurs effectifs depuis la pandémie, Uber avait jusqu’ici évité des coupes drastiques, malgré des dépenses élevées en intelligence artificielle. Avec cette restructuration, l’entreprise retrouve un effectif mondial d’environ 30 000 salariés, un niveau proche de celui d’avant sa dernière phase d’expansion.
Une réaction positive des marchés
Les annonces d’Uber ont été accueillies favorablement par les investisseurs, les actions du groupe progressant de près de 2 % après la publication de ces mesures. Cette réaction reflète la confiance des marchés dans la capacité de l’entreprise à optimiser sa rentabilité tout en maintenant sa croissance sur des marchés matures comme les États-Unis et l’Europe, tout en explorant de nouveaux relais de développement en Afrique et en Asie.