Le géant mondial de la mobilité Uber a annoncé une réorganisation d'envergure impliquant la suppression de 10 % de ses effectifs, soit plus de 3 000 postes. Cette décision stratégique s'accompagne d'un virage opérationnel strict, marqué par la fin quasi totale du télétravail et une réallocation massive de capital vers le développement des véhicules autonomes.
Une cure d'austérité pour simplifier la structure
Face à une complexité organisationnelle croissante née d'une décennie de croissance exponentielle, la direction d'Uber a décidé de rationaliser ses opérations. Le directeur général, Dara Khosrowshahi, a justifié ces licenciements par la nécessité de supprimer des niveaux hiérarchiques superflus. Cette restructuration, qui touche une entreprise forte de 34 000 collaborateurs répartis dans plus de 70 pays, vise à redonner de l'agilité au groupe tout en générant des économies d'échelle significatives, estimées par les analystes de WedBush Securities à environ 1,75 milliard de dollars par an.
Le pari massif sur la conduite autonome
L'objectif affiché de cette cure d'austérité est de libérer des marges de manœuvre financières pour financer l'avenir technologique de la plateforme : les robotaxis. Uber prévoit d'investir jusqu'à 10 milliards de dollars dans les prochaines années pour bâtir sa flotte autonome. Pour concrétiser cette ambition, l'entreprise multiplie les partenariats stratégiques avec des acteurs comme Verne ou Wayve, et a sécurisé des engagements d'achat portant sur 120 000 véhicules, dont 50 000 unités auprès du constructeur Rivian.
Retour au bureau et retrait de certains marchés africains
Parallèlement à ces changements structurels, Uber durcit ses conditions de travail. La direction a ordonné le retour immédiat des salariés dans les bureaux, limitant le télétravail à seulement 1 % des effectifs mondiaux. Cette politique de resserrement s'étend également à la géographie du groupe : Uber a acté son retrait immédiat du Nigeria et de l'Ouganda. Ces décisions, perçues comme un recentrage sur les marchés et les activités les plus rentables, ont été accueillies favorablement par les marchés financiers, le titre progressant de 2,25 % à Wall Street suite à ces annonces.