Le géant américain du VTC Uber a officialisé son retrait imminent des marchés nigérian et ougandais, marquant un tournant stratégique majeur pour ses activités sur le continent africain. Cette décision, qui prendra effet le 2 septembre 2026, s'inscrit dans une politique globale de réduction des coûts visant à financer le développement de nouvelles technologies de mobilité autonome.
Un désengagement stratégique en Afrique de l'Est et de l'Ouest
Après avoir quitté la Tanzanie plus tôt cette année, Uber confirme son désengagement progressif de plusieurs marchés africains. Présente au Nigeria depuis 2014, l'entreprise a précisé que ses opérations cesseraient définitivement à l'automne 2026. Ce retrait s'accompagne d'une annonce plus large du PDG Dara Khosrowshahi, prévoyant une réduction de 10 % des effectifs mondiaux de la firme pour optimiser ses ressources avant le déploiement de ses futurs robots-taxis.
L'impact sur les chauffeurs et l'économie locale
La cessation des activités d'Uber au Nigeria soulève des inquiétudes quant à la précarité des nombreux chauffeurs qui dépendaient de la plateforme pour leurs revenus. En 2023, la direction locale estimait que les activités de l'entreprise généraient des revenus collectifs annuels d'environ 6,1 milliards de nairas pour les conducteurs. Ces derniers, déjà fragilisés par la hausse drastique du coût du carburant et des tarifs jugés trop bas par l'application, se retrouvent désormais face à une incertitude économique accrue.
Un contexte macroéconomique nigérian sous tension
Ce départ survient dans un climat économique nigérian particulièrement complexe. Les réformes engagées par le président Bola Tinubu, notamment la suppression des subventions sur les carburants, ont provoqué une inflation généralisée des produits de consommation. Si ces mesures visent une stabilisation macroéconomique à long terme, elles pèsent lourdement sur le pouvoir d'achat des citoyens et sur la rentabilité des entreprises de services. Alors qu'Uber prépare sa sortie, le marché nigérian reste toutefois occupé par des concurrents tels que Bolt et InDrive, qui continuent d'opérer dans un secteur en pleine mutation.
Gestion de la transition opérationnelle
Pour accompagner cette fermeture, Uber a mis en place un dispositif temporaire afin de clore ses dossiers en cours. Un centre d'assistance restera opérationnel jusqu'au 23 septembre 2026 pour traiter les litiges et les questions en suspens des utilisateurs et des chauffeurs. Malgré l'annonce, les services de réservation restaient accessibles aux usagers dans l'immédiat, marquant une période de transition avant l'arrêt total des serveurs dans les pays concernés.