Lors d'une rencontre à l'Assemblée générale des Nations unies, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre irakien Ali al‑Zaidi ont annoncé un accord de transfert progressif de la base militaire turque de Bashiqa à Bagdad, marquant une avancée majeure dans la coopération sécuritaire et économique entre les deux voisins.
Un accord né d'une volonté de réaffirmer la souveraineté irakienne
Installée en décembre 2015 avec l'accord du gouvernement régional du Kurdistan, la base de Bashiqa, située au nord‑est de Mossoul, servait à former les forces locales contre l'État islamique. La présence de jusqu'à 600 soldats turcs avait longtemps été perçue par Bagdad comme une atteinte à son intégrité territoriale. Le nouveau protocole prévoit que la zone militaire sera progressivement remise sous contrôle irakien, permettant à l'État de rétablir son autorité sur le secteur stratégique de Sinjar, longtemps contesté par les groupes armés transfrontaliers.
Impact sur la lutte contre le PKK et la stabilité frontalière
L'accord s'inscrit dans le cadre d'un processus de paix conclu en 2025 entre Ankara et le PKK, qui a conduit au retrait des combattants du groupe du territoire turc. En synchronisant le retrait des troupes avec le renforcement de l'autorité irakienne, les deux pays visent à réduire les incursions armées dans la région montagneuse de Sinjar, où le PKK maintenait une présence historique. Cette coopération sécuritaire devrait également faciliter la surveillance des frontières communes et limiter les flux d'armes illicites.
Une dynamique économique renforcée par la sécurité
Outre les enjeux sécuritaires, le communiqué du cabinet du Premier ministre irakien souligne que les deux parties ont convenu d'accélérer les projets stratégiques conjoints, notamment le « Development Road », un corridor commercial destiné à dynamiser les échanges bilatéraux. L'augmentation prévue du volume du commerce et des investissements s'appuie sur la confiance mutuelle renforcée par la stabilité frontalière, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour les entreprises des deux pays, notamment dans les secteurs de la construction, de l'énergie et de la logistique.
Perspectives et défis à venir
Le transfert progressif de Bashiqa représente un jalon, mais sa mise en œuvre dépendra de la capacité de Bagdad à assurer une gouvernance efficace dans les zones libérées et de la volonté de la Turquie à respecter les échéances convenues. Les observateurs soulignent que la réussite de cet accord pourrait servir de modèle pour d'autres points de friction dans la région, tandis que tout retard ou désaccord pourrait raviver les tensions historiques entre les deux États.