Le 4 septembre, le journaliste d'investigation Mohamed Yousfi a été arrêté et placé en garde à vue alors qu'il s'apprêtait à parler des problèmes hydriques du pays. Interrogé par le pôle judiciaire économique et financier pour des soupçons de blanchiment d'argent, il a vu son interrogatoire interrompu par un malaise, avant qu'un juge d'instruction ne prononce un mandat de dépôt. Cette détention a immédiatement suscité une mobilisation des confrères journalistes, qui ont organisé un rassemblement de soutien.
Arrestation et accusations de blanchiment d'argent
Mohamed Yousfi, correspondant du média d'investigation Al Qatiba, a été interpellé le vendredi 4 septembre. Les autorités du pôle judiciaire économique et financier l'ont placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent, sans divulguer les détails de l'enquête. Au moment de son arrestation, Yousfi devait participer à une interview radio consacrée aux difficultés d'approvisionnement en eau, un sujet sensible dans le contexte de la crise hydrique qui touche la Tunisie depuis plusieurs années.
Réaction de la communauté journalistique
Le même jour, des journalistes de divers organes de presse ont convergé vers le lieu de détention pour manifester leur solidarité. Le rassemblement, organisé de façon spontanée, a été perçu comme une défense de la liberté d'expression et du travail d'investigation, souvent confrontés à des pressions judiciaires. Les participants ont rappelé l'importance de protéger les journalistes qui exposent les dysfonctionnements économiques et environnementaux, et ont appelé les autorités à garantir le respect du droit à un procès équitable.
Enjeux pour la liberté de la presse en Tunisie
Cette affaire intervient dans un contexte où la liberté de la presse en Tunisie reste fragile, malgré les avancées post-révolution. Les accusations de blanchiment, souvent utilisées comme levier contre les médias d'investigation, soulèvent des questions sur l'indépendance du système judiciaire et la capacité des journalistes à enquêter sans crainte de représailles. Le mandat de dépôt émis à l'issue de l'interrogatoire, interrompu par un malaise du journaliste, accentue les inquiétudes quant à la santé physique et psychologique des professionnels du secteur sous pression.