Le parti tunisien Attayar (Courant démocratique) a vivement réagi, le 3 septembre 2026, à la décision de la Cour de Cassation confirmant l'arrêt rendu en appel dans l'affaire du «complot contre la sûreté de l'État». Dans un communiqué au ton combatif, le parti d'opposition accuse la justice tunisienne de s'être transformée en « instrument docile » au service du pouvoir, et appelle les citoyens à descendre dans la rue pour défendre leurs droits.
Une justice réduite au rôle d'« instrument politique »
Pour le Courant démocratique, la confirmation par la Cour de Cassation de l'arrêt de la Cour d'appel ne fait que « confirmer une fois de plus » ce que le parti qualifie de dérive autoritaire. Le communiqué fustige une justice qui, au lieu de constituer « un rempart protégeant les droits », se serait muée en « simple instrument docile au service du règlement de comptes politiques et de la réduction au silence de toute voix dissidente ».
Des garanties procédurales violées selon Attayar
Le parti insiste sur le fait que ce procès, « entaché dès le premier jour de violations procédurales flagrantes et graves », n'aurait jamais été un authentique procès pour « complot ». Les détenus, affirme le texte, ont été privés des « garanties les plus élémentaires d'un procès équitable ». Pour Attayar, il s'agit avant tout d'un « procès politique par excellence », destiné à « mettre au pas » quiconque s'oppose au pouvoir en place.
L'appel à la mobilisation citoyenne
Le bureau politique du parti, signé par son secrétaire général Hichem Ajbouni, exhorte explicitement les Tunisiennes et les Tunisiens à « ne pas rester silencieux face à l'injustice » et à « descendre dans la rue » pour manifester pacifiquement. Le communiqué martèle que « le silence équivaut à une complicité avec l'autoritarisme » et que le « soulèvement pacifique et citoyen » constitue un « devoir national et civique ».
Une mise en garde contre l'érosion institutionnelle
Au-delà de ce cas précis, le Courant démocratique met en garde contre une « approche sécuritaire et judiciaire » devenue « une méthode constante de gestion des affaires du pays ». Une démarche qui, selon le parti, « érode les institutions », « vide de sa substance le concept d'État de droit » et transforme la justice en « bras exécutif au service d'une volonté politique unique ».