Tunisie : la canicule aggrave les pénuries d’eau et menace l’agriculture et les ménages

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Tunisie : la canicule aggrave les pénuries d’eau et menace l’agriculture et les ménages

La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie depuis plusieurs semaines aggrave les tensions sur les ressources hydriques, provoquant des coupures d’eau dans plusieurs régions et mettant en péril les récoltes et l’approvisionnement des ménages.

Des villes sous tension : coupures et restrictions

Les autorités tunisiennes ont été contraintes d’instaurer des coupures d’eau programmées dans plusieurs gouvernorats, notamment dans le centre et le sud du pays, où les températures dépassent régulièrement les 40°C. Les régions de Kairouan, Sidi Bouzid et Gafsa, déjà fragilisées par des années de sécheresse, subissent les conséquences les plus sévères. Les habitants doivent désormais s’adapter à des restrictions quotidiennes, tandis que les agriculteurs alertent sur le risque de perte totale des cultures d’été.

L’agriculture, première victime du stress hydrique

Avec 70 % des ressources en eau du pays consacrées à l’agriculture, le secteur est le plus exposé aux aléas climatiques. Les oliveraies, les vergers et les cultures maraîchères, déjà en difficulté après des années de sécheresse, voient leurs rendements chuter. Les autorités ont annoncé des mesures d’urgence, comme l’octroi de subventions pour l’achat de citernes et de systèmes d’irrigation économes, mais les experts estiment que ces solutions restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. La Banque mondiale a récemment alerté sur le coût économique de la dégradation des terres agricoles, estimant à plus de 1 milliard de dollars par an les pertes liées à la désertification et au stress hydrique.

Un défi politique et social

Le gouvernement tunisien, sous pression, a promis d’accélérer la mise en œuvre d’un plan national de gestion de l’eau, incluant le dessalement et le recyclage des eaux usées. Cependant, les retards dans les projets d’infrastructure et les tensions sociales liées aux pénuries risquent d’aggraver la crise. Les associations écologistes appellent à une réforme profonde des politiques de gestion de l’eau, soulignant que les solutions à court terme ne suffiront pas sans une vision à long terme. La question de l’eau, déjà sensible, pourrait devenir un enjeu majeur des prochaines élections, alors que les Tunisiens réclament des réponses concrètes.

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