Tunis : une coalition hétéroclite manifeste pour exiger un changement de cap politique et social

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Tunis : une coalition hétéroclite manifeste pour exiger un changement de cap politique et social

Une large coalition composée d'organisations nationales et de forces politiques tunisiennes organise, ce samedi 17 octobre 2026, une marche de protestation à Tunis. Sous le slogan « La Tunisie d’abord, et le peuple avant tout », ce mouvement dénonce la concentration des pouvoirs exécutifs et la dégradation continue des conditions socio-économiques du pays.

Une mobilisation portée par les corps intermédiaires

L'appel à manifester a été initié par des structures influentes de la société civile, notamment l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et le Conseil de l'ordre des avocats tunisiens. Ces organisations, reconnues pour leur rôle historique dans la médiation politique, ont été rejointes par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) ainsi que par divers partis politiques. Pour afficher une unité de façade face aux autorités, les militants ont reçu pour consigne de ne pas arborer de signes partisans, privilégiant ainsi une posture de front commun face aux enjeux nationaux.

Revendications sociales et libertés publiques

Le mécontentement exprimé par les manifestants s'articule autour de plusieurs axes critiques. Sur le plan économique, la population fait face à une érosion du pouvoir d'achat, à une hausse du chômage et à une précarité croissante. Parallèlement, la dégradation des services publics essentiels, tels que la santé, l'éducation et les transports, alimente un climat de tension sociale. Les organisateurs exigent également la libération des détenus politiques et d'opinion, tout en réaffirmant leur attachement à l'indépendance de la justice et au respect des libertés d'association et d'expression.

Le dialogue social dans l'impasse

Cette manifestation s'inscrit dans un contexte de rupture prolongée entre les organisations syndicales et le pouvoir exécutif. Le dialogue social est au point mort depuis plusieurs années, une situation illustrée par l'annonce d'une grève générale par l'UGTT prévue pour janvier 2026. Face à une « hyperprésidence » incarnée par Kaïs Saïed, qui a régulièrement qualifié ses opposants d'agents extérieurs, les organisations nationales estiment que la rue est devenue l'ultime recours pour faire entendre leurs revendications. L'enjeu majeur de cette journée reste la capacité de cette mobilisation à infléchir la position du palais de Carthage, resté jusqu'ici hermétique aux critiques de la société civile.

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