Le leader de l'opposition tanzanienne, Tundu Lissu, a mis un terme à une courte grève de la faim entamée en détention. Cette action visait à protester contre le refus des autorités pénitentiaires de lui permettre de consulter ses avocats, une entrave levée après des négociations.
Un bras de fer sur l'accès à la défense
Tundu Lissu, figure de proue du parti CHADEMA et ancien candidat à la présidentielle, avait cessé de s'alimenter pour dénoncer l'isolement imposé par l'administration pénitentiaire. Si les versions divergent sur la durée exacte de ce mouvement — le parti évoquant un début dès lundi et ses avocats le mardi matin — l'issue a été confirmée par son conseil, Rugemeleza Nshala. La reprise des repas a été actée après que l'opposant a pu s'entretenir avec ses représentants légaux, une condition jugée indispensable alors que son état de santé nécessite un suivi médical régulier.
Des accusations de trahison sous haute tension
Incarcéré depuis avril 2025, Tundu Lissu fait face à des accusations de trahison, une charge passible de la peine de mort en Tanzanie. Le ministère public lui reproche un discours prononcé lors d'un rassemblement appelant à des réformes électorales, interprété par les autorités comme une incitation à la rébellion et à la perturbation du scrutin général de l'année dernière. L'opposant, qui a plaidé non coupable, attend le verdict de son procès fixé au 6 novembre prochain. Ses avocats dénoncent une procédure purement politique visant à neutraliser une voix critique.
Un climat politique marqué par les violences électorales
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de crispation autour du bilan de la présidente Samia Suluhu Hassan. La détention de M. Lissu, couplée à des signalements d'enlèvements de critiques du gouvernement, alimente les inquiétudes internationales sur la situation des droits humains dans le pays. Parallèlement, le parti CHADEMA a décrété sept jours de deuil national pour commémorer les violences post-électorales d'octobre 2025. Alors que le gouvernement a ouvert une enquête sur les disparitions forcées sans en publier les conclusions, le bilan humain des troubles électoraux reste un point de friction majeur, avec des estimations divergentes allant de 518 morts selon une commission officielle à près de 2 000 selon les chiffres avancés par l'opposition.