Le vétéran du cinéma nigérian Tunde Kelani a lancé un appel aux jeunes réalisateurs du pays : s’inspirer de l’authenticité africaine et intégrer l’intelligence artificielle sans craindre pour leur créativité. Lors de la première édition des DGN Week et Awards 2026, organisée à Lagos, le réalisateur a reçu un prix spécial pour son héritage dans l’industrie, tout en rappelant que l’IA doit servir d’outil d’enrichissement, et non de menace.
Un plaidoyer pour des récits ancrés dans le continent
S’exprimant devant un parterre de réalisateurs, producteurs et décideurs, Tunde Kelani a insisté sur l’importance de puiser dans les histoires africaines pour éviter l’uniformisation culturelle. « Nos jeunes cinéastes doivent regarder vers l’Afrique pour leurs récits authentiques », a-t-il déclaré. « L’IA ne volera ni votre histoire, ni votre art, ni vos langues. Elle est là pour amplifier votre travail. » Son message s’inscrit dans un contexte où l’industrie cinématographique africaine, bien que dynamique, fait face à des défis de financement et de visibilité face aux productions internationales.
L’IA et la préservation du patrimoine cinématographique
La DGN Week 2026, qui s’est tenue du 19 au 21 août à l’Alliance Française/Mike Adenuga Centre d’Ikoyi, a réuni plus de 150 participants autour de discussions stratégiques. Parmi les thèmes abordés : l’intégration de l’IA dans la création, la gestion des droits d’auteur, les co-productions internationales et les modèles de financement durables. Kelani, dont la carrière s’étend sur quatre décennies, a souligné le rôle des réalisateurs comme « gardiens de l’histoire et des traditions » du Nigeria. « Cette récompense est précieuse, car elle arrive à un moment où je continue d’apprendre et d’innover », a-t-il ajouté.
Des distinctions pour l’excellence et l’innovation
Outre Kelani, le réalisateur Andy Boyo a été honoré pour son engagement de longue date envers Nollywood, tandis que MultiChoice Nigeria a reçu un prix pour son soutien à l’économie créative. Le jury, dirigé par le Dr. Shaibu Hussein, a examiné plus de 150 candidatures avant de sélectionner les lauréats, saluant la qualité exceptionnelle des projets soumis. La cérémonie a également marqué l’intronisation de 42 nouveaux membres au sein de la Guilde des Réalisateurs, dont des figures comme Charles Inojie, Omoni Oboli et Juliet Ibrahim.
Un événement pour professionnaliser et fédérer
Les DGN Week ont mis en lumière des initiatives visant à renforcer la place des réalisateurs dans l’écosystème audiovisuel nigérian. Avec la projection du documentaire « The Angry Six », retraçant l’histoire de la Guilde, et des ateliers dédiés à la durabilité des carrières et aux nouvelles technologies, l’événement a posé les bases d’une collaboration accrue entre les générations. « Nous devons construire des ponts entre les anciens et les nouveaux talents », a résumé Uche Agbo, président national de la DGN. Une dynamique qui pourrait inspirer d’autres guildes africaines à suivre cet exemple.