Donald Trump a menacé, vendredi sur les réseaux sociaux, de suspendre les relations commerciales des États-Unis avec certains pays si la Réserve fédérale ne procédait pas à une baisse des taux d'intérêt. Le président américain cite le rapport sur l'emploi du mois d'août comme justification suffisante d'un assouplissement monétaire.
Un nouvel épisode dans le bras de fer avec la Fed
La sortie présidentielle constitue un nouvel épisode d'un conflit durable entre la Maison-Blanche et la banque centrale américaine. Donald Trump entretient depuis longtemps des tensions avec l'institution monétaire, mais cette prise de position marque une nouvelle étape : elle intervient après la nomination d'un nouveau président de la Fed, succédant au dirigeant avec lequel le conflit s'était cristallisé. La formulation employée laisse apparaître une volonté d'influencer directement la politique monétaire, domaine traditionnellement indépendant de l'exécutif.
Le rapport sur l'emploi comme argument
Pour justifier sa demande, le président s'appuie sur le rapport sur l'emploi d'août, qu'il juge suffisamment solide pour appuyer une baisse des taux. Cette indication suggère qu'il considère l'économie américaine comme robuste, mais souhaite néanmoins une politique monétaire plus accommodante — un positionnement qui peut viser à soutenir l'activité, alléger le coût du crédit ou encore peser sur la valeur du dollar. La Fed reste toutefois souveraine dans sa décision, et rien n'indique qu'elle cédera à cette pression publique.
La menace commerciale comme levier de pression
Donald Trump a averti qu'en cas de refus de la banque centrale, il interromprait le commerce entre les États-Unis et « tout pays avec lequel les États-Unis entretiennent un déficit commercial ». Cette formulation est volontairement large : les États-Unis enregistrant un déficit avec de nombreux partenaires, la menace pourrait théoriquement viser un éventail étendu de partenaires commerciaux. Une telle décision aurait des conséquences économiques majeures, tant pour les exportations américaines que pour les importations dont dépendent consommateurs et entreprises.
Un précédent qui inquiète les marchés
L'utilisation du commerce international comme levier dans une dispute de politique intérieure constitue un précédent notable. Les marchés financiers, les partenaires commerciaux et les entreprises américaines suivront de près la réaction de la Fed, ainsi que la traduction concrète — ou non — de cette menace en décisions exécutives. La crédibilité de la politique commerciale américaine, déjà ébranlée par plusieurs salves tarifaires, pourrait être un enjeu central dans les semaines à venir.