Donald Trump a déclaré qu’il ne qualifiera pas Vladimir Poutine de dictateur, estimant que le terme nuirait à ses capacités de négociateur. Cette prise de position a été faite à Wasilla, en Alaska, alors qu’il soutenait le sénateur républicain Dan Sullivan, qui, lui, utilise le mot « dictateur » pour désigner le président russe. Le débat intervient dans le sillage d’un accord énergétique controversé entre les États‑Unis et la Russie.
Le contexte de l’accord diesel avec Moscou
Le 9 octobre, le président a annoncé sur sa plateforme Truth Social qu’un appel avec Vladimir Poutine avait débouché sur la livraison immédiate de plus de 300 000 tonnes de diesel, suivie de 500 000 tonnes en novembre. Pour permettre ces exportations, l’administration Trump a temporairement levé les sanctions américaines qui visaient le carburant russe. Au moment de l’annonce, le prix moyen du diesel aux États‑Unis était de 6,28 dollars le gallon, selon l’AAA, à moins d’un mois des élections de mi‑mandat du 3 novembre.
Pourquoi Trump évite le terme « dictateur »
Interrogé par le correspondant de la Maison‑Blanche, Jon Decker, Trump a expliqué que, « en tant que négociateur, je ne peux pas me permettre de qualifier les gens de tous les noms ». Il a rappelé que sa fortune provient de la conclusion d’accords et que le respect du vocabulaire est essentiel pour maintenir des relations commerciales. Selon lui, l’usage du mot « dictateur » serait une forme de moquerie qui compromettrait les négociations en cours.
Réactions aux États‑Unis et en Europe
L’accord a rapidement suscité des critiques. L’Union européenne et le gouvernement ukrainien estiment que la levée des sanctions aide Moscou à financer la guerre en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié la décision de « faiblesse évidente ». Au Congrès, des membres des deux grands partis ont également dénoncé le texte, le jugeant contraire aux intérêts nationaux, tandis que Trump a défendu son choix comme étant « le bon pour les Américains ».
Antécédents de la rhétorique de Trump sur les dirigeants
En février 2025, Trump avait déjà qualifié Zelensky de « dictateur sans élections » sur Truth Social. Lors d’une rencontre à la Maison‑Blanche avec le président français Emmanuel Macron, on lui avait demandé s’il appliquerait le même qualificatif à Poutine. Il avait alors répondu qu’il n’utilisait pas ces mots à la légère, soulignant une certaine incohérence dans son discours public.