Plus de six mois après la signature d'un protocole d'accord avec l'Iran à Versailles, Donald Trump alterne menaces militaires, sanctions économiques et appels à la contestation interne, sans qu'aucune de ces lignes n'ait permis de faire plier Téhéran. Le conflit, présenté au départ comme une opération rapide et peu coûteuse, s'est installé dans la durée et pèse désormais sur l'économie mondiale comme sur la popularité intérieure du président américain.
Un accord de juin resté largement lettre morte
Le document paraphé le 17 juin à Versailles prévoyait un cessez-le-feu, la réouverture du détroit d'Ormuz, le dégel de milliards de dollars d'avoirs iraniens et une fenêtre de deux mois pour négocier sur le nucléaire. Seul un cessez-le-feu, régulièrement violé, a partiellement vu le jour. À l'échéance prévue, aucune avancée substantielle n'a été enregistrée sur les autres volets.
Des changements de cap qui trahissent l'absence de ligne directrice
Sur une période courte, Donald Trump a multiplié les postures contradictoires : menaces d'escalade un jour, ton conciliant le lendemain, bombardements ponctuels, sanctions supplémentaires et appels répétés à la population iranienne à se soulever contre le régime. Cette volatilité traduit, selon l'analyse des faits disponibles, une stratégie introuvable plus qu'un choix tactique assumé.
Téhéran fait monter les enchères, soutenu par ses partenaires
Les partisans de la ligne dure à Téhéran ont identifié que le président américain a davantage à perdre qu'eux dans cette confrontation, malgré les sanctions et les frappes. Le récent sommet de Bichkek, au Kirghizstan, leur a offert une tribune diplomatique : la Chine et la Russie y ont présenté leurs condoléances à l'Iran après la mort de son guide, tué par les Américains au début de la guerre. Dans ce contexte, les dirigeants iraniens n'ont aucun intérêt immédiat à céder.
Une guerre impopulaire aux conséquences économiques mondiales
Le conflit a franchi six mois, reste impopulaire aux États-Unis, pèse sur l'économie mondiale et décourage les alliés de Washington. Ni la négociation, ni la pression militaire, ni la pression économique n'ont infléchi la position iranienne. La capacité d'endurance du pays demeure vaste, et c'est la population qui en supporte le coût le plus lourd.
Le pari risqué d'un soulèvement intérieur
Donald Trump en appelle une nouvelle fois à un soulèvement en Iran, après une promesse d'aide non tenue en janvier, alors que les Gardiens de la Révolution réprimaient brutalement une révolte. Si un nouveau mouvement éclate, la question de la réponse américaine face à la répression reste ouverte. Dans tous les cas de figure, la Maison Blanche se retrouve face au piège qu'elle a elle-même contribué à refermer.