À l'occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, le président Donald Trump et le porte-parole Pete Hegseth ont utilisé le discours commémoratif pour défendre la guerre engagée contre l'Iran, rappelant que le conflit s'inscrit dans la continuité du plus grave attentat terroriste de l'histoire américaine.
Un discours qui dévie du souvenir des victimes
La cérémonie officielle du 11 septembre, habituellement consacrée à la mémoire des près de 3 000 victimes et à la résilience nationale, a été détournée par les deux intervenants. Au lieu de se concentrer sur le deuil, ils ont souligné que la « légacie » de l'attaque justifiait la campagne militaire lancée par les États‑Unis et leurs alliés il y a plus de six mois contre l'Iran.
Le lien avancé entre 9/11 et la guerre sur l'Iran
Trump a affirmé que les terroristes du 11 septembre avaient des liens idéologiques avec le régime iranien, insinuant que la riposte actuelle était une réponse directe à la menace historique. Pete Hegseth, intervenant en tant que porte‑parole du département de la Défense, a renforcé cette idée en qualifiant le conflit d’« héritage » du 11 septembre, suggérant que la lutte contre l'Iran était une continuation de la guerre contre le terrorisme.
Réactions et enjeux politiques internes
Cette utilisation du mémorial a suscité des critiques de la part des législateurs et des organisations de la société civile, qui jugent le discours inapproprié et manipulateur. Les sondages récents montrent une désaffection croissante du public américain envers le conflit iranien, qui n’a pas de date de fin clairement définie. En rappelant le 9/11, l’administration cherche à mobiliser le sentiment patriotique pour soutenir une guerre qui peine à obtenir un consensus parlementaire.
Implications pour la diplomatie et la sécurité régionale
En associant le conflit à la mémoire du 11 septembre, les États‑Unis renforcent le cadre narratif qui justifie une posture militaire accrue au Moyen‑Orient. Cette rhétorique peut compliquer les efforts diplomatiques en cours, notamment les négociations indirectes entre Washington et Téhéran, et risque d’alimenter les tensions avec les alliés européens qui appellent à une désescalade. Elle souligne également la difficulté pour l’administration de séparer les enjeux de sécurité nationale des considérations politiques internes.