Donald Trump a indiqué que les États‑Unis mettront fin à l’envoi annuel d’environ 4 milliards de dollars d’aide militaire à Israël dès la fin de 2026, une mesure annoncée en direct sur Fox & Friends le jour des élections de mi‑mandat. Cette décision, présentée comme le résultat d’un accord avec le Premier ministre israélien, soulève des questions sur l’avenir du partenariat stratégique entre Washington et Jérusalem.
Annonce télévisée et contexte politique
Lors de l’émission de Fox News, le président a affirmé que l’arrêt de l’aide était déjà convenu avec Benjamin Netanyahou et que le versement serait suspendu d’ici la fin de l’année. Il a toutefois précisé que les États‑Unis continueraient d’aider Israël « si le besoin s’en faisait sentir », tout en soutenant que le pays n’en aurait pas besoin. L’intervention intervient à un moment où les électeurs américains sont appelés à se prononcer lors des élections de mi‑mandat, ce qui pourrait influencer la perception de la politique étrangère du nouveau mandat.
Le protocole de 2016 qui fixe le financement
L’aide actuelle découle d’un accord signé en 2016 sous la présidence de Barack Obama, prévoyant 38 milliards de dollars sur dix ans, soit environ 3,8 milliards par an jusqu’en 2028. Ce protocole, appelé « Memorandum of Understanding », lie les deux pays à un financement stable pour les programmes de défense, la coopération technologique et la sécurité régionale. Trump n’a pas détaillé si la suspension concernerait l’ensemble du paquet ou uniquement certaines composantes, laissant planer une incertitude sur les engagements contractuels déjà en place.
Réactions à Washington et à Jérusalem
À Washington, la proposition de mettre fin à l’aide a ravivé le débat au sein du Congrès. En juillet, la Chambre des représentants a rejeté un amendement visant à supprimer le financement, bien que près de la moitié des démocrates l’aient soutenu. Les législateurs républicains, quant à eux, restent partagés entre la volonté de réduire les dépenses à l’étranger et le désir de maintenir l’influence américaine au Moyen‑Orient. Du côté israélien, le bureau de Netanyahou n’a pas immédiatement réagi, mais le Premier ministre avait déjà exprimé en 2024 l’ambition de réduire la dépendance de son pays à l’aide américaine sur une période de dix ans, préconisant une transition vers un statut de « partenaire » plutôt que de bénéficiaire.
Enjeux géopolitiques et perspectives d’un désengagement
Un arrêt prématuré de l’aide pourrait modifier l’équilibre des forces dans la région, notamment face à l’Iran et aux conflits en Syrie et au Liban. Israël pourrait être contraint de renforcer ses propres capacités de défense ou de chercher d’autres partenaires, tandis que les États‑Unis pourraient réorienter leurs ressources vers d’autres priorités stratégiques. La décision reste toutefois conditionnelle : Trump a laissé entendre que l’aide pourrait être réactivée en cas de besoin, ce qui maintient une marge de manœuvre diplomatique. Le suivi de cette évolution sera crucial pour les acteurs régionaux et pour les décideurs américains qui devront concilier sécurité, budget et influence géopolitique.