Une patrouille militaire a été prise pour cible dans le Sud‑Ouest du Cameroun, faisant trois morts. L’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary a exprimé ses condoléances et a appelé à une concertation nationale afin de mettre fin à la crise anglophone qui divise le pays.
Attaque à Matouké : le bilan humain
Le mercredi 23 septembre, trois membres des forces armées camerounaises ont été abattus lors d’une embuscade sur l’axe Matouké‑Kotto. Le sergent Ateba Olanguena Come, le caporal‑chef Betkemo Banibou Maxime et le soldat de première classe Abienza Joseph effectuaient une patrouille de routine lorsqu’ils ont été visés par des groupes armés séparatistes actifs dans la région du Sud‑Ouest. Leurs noms ont été rendus publics par les autorités militaires, soulignant la gravité de l’incident.
Réaction d’Issa Tchiroma Bakary
Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de l’Intérieur devenu figure de l’opposition, a publié un message de condoléances adressé aux familles des trois militaires et à leurs camarades. Au-delà du deuil, il a dénoncé les conséquences du conflit anglophone – pertes humaines, destructions d’infrastructures, déplacements de populations et impacts économiques – et a réaffirmé son engagement, exprimé lors de la campagne présidentielle à Bamenda, à œuvrer pour une paix durable. Il a notamment insisté sur la nécessité d’une « grande concertation nationale inclusive » pour analyser les causes profondes de la crise et envisager une nouvelle forme d’État.
Enjeux politiques et perspectives de résolution
La mort de ces soldats intervient dans un contexte où la crise anglophone, qui dure depuis 2016, continue de fragiliser la cohésion nationale. Les appels à la concertation, portés par des acteurs comme Tchiroma, visent à créer un espace de dialogue entre le gouvernement de Yaoundé, les représentants des régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest, ainsi que la société civile. Une telle démarche pourrait permettre d’aborder les revendications d’autonomie, les problèmes de gouvernance locale et les besoins en développement économique, tout en limitant l’escalade de la violence.
Impacts socio‑économiques de l’escalade du conflit
Chaque incident armé entraîne des coûts humains et matériels qui se répercutent sur les communautés locales. La perte de trois soldats renforce le sentiment d’insécurité parmi les populations civiles, décourage les investissements et complique les efforts de reconstruction des infrastructures détruites. Les déplacements de populations, déjà massifs, sont aggravés, créant des pressions sur les zones d’accueil et sur les services de santé et d’éducation. Les autorités sont donc confrontées à la double tâche de sécuriser le territoire tout en répondant aux besoins humanitaires croissants.