Depuis le début du XXIe siècle, la France a enregistré l'acquisition de la nationalité française par trois millions de personnes nées étrangères. Cette tendance, marquée par une accélération significative sur le dernier quart de siècle, souligne le poids prépondérant des ressortissants du continent africain dans le renouvellement du corps civique français.
Les leviers de l'accès à la citoyenneté
L'étude, réalisée par la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) et l'Observatoire de l'immigration et de la démocratie (OID), détaille les mécanismes d'acquisition de la nationalité. Sur les trois millions de nouveaux citoyens, 1,6 million ont obtenu la nationalité par décret, tandis que 770 000 l'ont acquise via le droit du sol différé et 560 000 par le mariage. Les auteurs qualifient ces volumes de sans précédent, notant que le rythme des naturalisations a doublé par rapport au dernier quart du XXe siècle.
La prédominance des parcours africains
Entre 2004 et 2023, les données révèlent une forte concentration géographique des origines. Plus de 61 % des nouveaux Français sont originaires du continent africain. Le Maghreb occupe une place centrale : les Marocains arrivent en tête avec 404 286 naturalisations, suivis par les Algériens (323 151) et les Tunisiens (146 043). Au-delà du Maghreb, les flux concernent une large diversité de pays, incluant notamment le Mali, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Cameroun, la République démocratique du Congo et Madagascar.
Flux migratoires et évolution démographique
Parallèlement aux naturalisations, la France maintient une dynamique migratoire soutenue. L'année 2025 a été marquée par la délivrance de 377 000 titres de séjour, soit une hausse de 9,2 % par rapport à l'année précédente, ainsi que par l'octroi de 3 millions de visas. Au 31 décembre 2025, la population étrangère en situation régulière sur le territoire s'élevait à 4,5 millions de personnes. Cette évolution porte la part des étrangers dans la population française à 9,1 %, contre 5,5 % en 1999, un niveau historiquement haut selon les auteurs de l'analyse.