Une famille sénégalaise installée à Mezzani, en province de Parme, a perdu trois de ses membres à la suite d’une intoxication au monoxyde de carbone, tandis que le nourrisson de sept mois luttait en soins intensifs. Le drame met en lumière les vulnérabilités des logements occupés par des migrants et les enjeux de santé publique liés aux systèmes de chauffage improvisés.
Chronologie du drame et circonstances de l’intoxication
Le vendredi matin, les collègues de Ndiassé Sall, agriculteur de 34 ans, ont signalé son absence au travail, déclenchant l’intervention des secours. Les secours ont découvert le couple, Ndiassé Sall et Rouba Ndaw, morts dans leur appartement de Mezzani, ainsi que leur fille de sept mois, hospitalisée en soins intensifs à l’hôpital Maggiore de Parme. Leurs corps ont été retrouvés après que le monoxyde de carbone, émis par un brasero au charbon utilisé pour se chauffer, a empoisonné le logement pendant la nuit. Leur fils de 14 ans a survécu.
Contexte migratoire et rôle de la communauté sénégalaise
Originaire de Louga, le couple s’était installé en Italie dans le cadre du regroupement familial depuis 2010. Ndiassé présidait la dahira mouride locale et organisait les rencontres religieuses de la diaspora sénégalaise entre Reggio Emilia et Modène. Après le drame, Madiagne Sall, père de Ndiassé, est venu d’Afrique de l’Ouest pour assister aux funérailles et attend l’autorisation des autorités italiennes pour rapatrier les corps vers le Sénégal, soulignant la solidarité de la communauté sénégalaise en Italie.
Enjeux de sécurité du logement pour les migrants
Le recours à un brasero au charbon, faute d’installation de chauffage central, illustre les difficultés d’accès à des équipements de chauffage sûrs pour les familles récentes arrivées. Le monoxyde de carbone, gaz incolore et inodore, représente un danger mortel lorsqu’il s’accumule dans des espaces mal ventilés. Ce cas rappelle la nécessité pour les autorités locales et les associations d’accompagnement des migrants de vérifier la conformité des installations domestiques et de sensibiliser aux risques d’intoxication.
Réactions familiales et démarches de rapatriement
Madiagne Sall a partagé que, la semaine précédant le drame, son fils lui avait envoyé des listes de sourates à réciter, qu’il considérait comme un « dernier cadeau d’adieu ». Le père, émigré depuis longtemps, a exprimé sa gratitude envers la solidarité sénégalaise en Italie et son espoir que les autorités autorisent le rapatriement des corps vers Louga. Le cas suscite également des interrogations sur les procédures d’assistance aux familles endeuillées et sur les mesures de prévention à mettre en place pour éviter de futurs incidents similaires.