Trois influenceurs sénégalais ont été déférés au parquet pour offense au Chef de l’État après la diffusion de vidéos jugées insultantes sur les réseaux sociaux. Leurs propos, tenus en wolof et en français, ont déclenché une autosaisine du parquet et une procédure judiciaire accélérée.
Contexte et faits marquants
Mandoumbé Diop, alias « Lamigniou Darou », Moustapha Ndiaye, dit « Ndiaye Touba », et Maguèye Diaw, surnommé « Oustaz Thieb », ont été interpellés dans les locaux de leur employeur, une structure numérique, avant d’être placés sous mandat de dépôt. Leur comparution devant le tribunal des flagrants délits de Dakar est prévue pour lundi prochain. Ces arrestations font suite à une autosaisine du parquet, motivée par la diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux.
Dans les vidéos incriminées, les trois hommes tiennent des propos jugés offensants envers le Chef de l’État. Mandoumbé Diop, reconnu comme l’auteur des déclarations, affirme avoir agi dans un cadre humoristique entre amis, sans citer de nom précis. Moustapha Ndiaye, quant à lui, évoque un débat général sur la trahison, sans référence à une personne déterminée. Maguèye Diaw soutient que ses propos visaient à alerter sur les dangers de la trahison dans la société sénégalaise, sans cibler le président.
Une seconde vidéo, attribuée à Mandoumbé Diop, montre la photo du président accompagnée de commentaires qualifiant sa gouvernance de « pitoyable » et lui souhaitant un échec total. Il justifie ces propos par un soutien à un leader politique, affirmant ne pas viser la personne du président.
Enjeux juridiques et perspectives
L’affaire soulève des questions sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, où les lois protègent le Chef de l’État contre les offenses. Les déclarations des accusés, bien que présentées comme des généralités ou des plaisanteries, ont été qualifiées d’inacceptables par le parquet, entraînant une procédure judiciaire immédiate. Leurs défenses reposent sur l’absence de ciblage nominatif, mais les autorités judiciaires semblent considérer que les propos, même indirects, peuvent constituer une offense.
Cette affaire intervient dans un contexte où les réseaux sociaux deviennent un terrain d’expression politique et sociale de plus en plus surveillé. Les peines encourues pour offense au président peuvent aller jusqu’à plusieurs années de prison, ce qui place ces influenceurs dans une situation juridique délicate. Leur procès, prévu dans les prochains jours, pourrait servir de précédent pour les futures affaires similaires.