Trois ans après le décès de Mohbad, l'impasse judiciaire et familiale persiste au Nigeria

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 73 lectures
Trois ans après le décès de Mohbad, l'impasse judiciaire et familiale persiste au Nigeria

Trois ans après la disparition brutale du chanteur nigérian Ilerioluwa « Mohbad » Aloba, le mystère entourant les circonstances de son décès reste entier. Alors que l'industrie musicale et ses fans continuent de réclamer la vérité, la dépouille de l'artiste demeure sans sépulture, au cœur d'un conflit familial complexe et d'une procédure judiciaire qui peine à aboutir.

L'enlisement des investigations médico-légales

Le décès de Mohbad, survenu le 12 septembre 2023 après l'administration d'une injection par une infirmière non qualifiée, a déclenché une vague d'indignation nationale. Si l'exhumation du corps et l'autopsie ont été réalisées, les conclusions définitives sur les causes réelles de sa mort font toujours l'objet de débats. La justice a ordonné la poursuite de l'infirmière Feyisayo Ogedengbe pour exercice illégal de la profession médicale, mais les zones d'ombre persistent, poussant le père du défunt, Joseph Aloba, à exiger des analyses forensiques complémentaires, notamment sur le téléphone de son fils.

Le blocage persistant du test ADN

La question de la paternité du fils du chanteur, Liam, est devenue un point de crispation majeur empêchant l'inhumation. Le père de Mohbad insiste sur la nécessité d'un test ADN, tandis que la veuve, Wunmi, conteste cette démarche. La situation a pris une tournure technique complexe en 2026 : deux des trois laboratoires internationaux désignés par le tribunal d'Ikorodu pour réaliser l'examen ont déclaré ne pas proposer ce type de service, retardant une fois de plus la résolution du litige.

Une bataille judiciaire qui s'intensifie

Parallèlement aux tensions familiales, le dossier judiciaire fait l'objet de nouvelles manœuvres. Une organisation non gouvernementale, la Break the Silence Foundation, a porté l'affaire devant la Haute Cour fédérale d'Abuja, cherchant à contraindre l'Inspecteur général de la police à rouvrir une enquête approfondie. Le juge James Omotosho a fixé une audience pour septembre 2026 afin de statuer sur cette demande. Pendant ce temps, les parties prenantes, incluant des figures influentes de l'industrie musicale initialement suspectées puis disculpées, continuent de s'affronter par médias interposés, maintenant le dossier au centre de l'actualité nigériane.

Un enjeu de société au-delà de la musique

Au-delà du drame personnel, cette affaire souligne les failles dans la gestion des enquêtes criminelles et la protection des droits successoraux au Nigeria. L'incapacité des institutions à clore ce dossier après trois années d'investigations alimente une frustration croissante au sein de la société civile. Pour les observateurs, le cas Mohbad est devenu le symbole d'une quête de justice où les procédures administratives et les conflits privés s'entremêlent, laissant la famille et les fans dans une attente douloureuse.

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