Trois ans après le séisme dévastateur du Haut Atlas, l'Institut national de géophysique (ING) dresse un bilan de l'activité sismique au Maroc. Si la fréquence des secousses reste élevée, les données actuelles indiquent une tendance vers des phénomènes de faible magnitude, s'inscrivant dans un processus prolongé de libération des contraintes tectoniques.
Une activité sismique persistante mais modérée
Depuis septembre 2023, le Maroc enregistre une hausse de 10 à 15 % de son activité sismique, particulièrement marquée dans la région d'Al Haouz et ses provinces limitrophes. Selon Abdennasser Jebbour, directeur de l'ING, cette dynamique est une conséquence directe du séisme majeur survenu trois ans plus tôt. Si la plupart des secousses actuelles demeurent imperceptibles pour la population, leur persistance est jugée normale par les experts. Les données des douze derniers mois confirment une stabilisation : les secousses enregistrées sont majoritairement inférieures à 5 sur l'échelle de Richter, sans indicateur actuel suggérant la formation d'un événement destructeur de plus grande ampleur.
Leçons scientifiques et amélioration de la surveillance
Le séisme du Haut Atlas a marqué un tournant pour la recherche géophysique nationale. Initialement imprévisible en raison du manque de données historiques et de moyens de mesure adaptés, cet événement a permis aux scientifiques de collecter des informations cruciales sur la croûte terrestre marocaine. Ce suivi scientifique, désormais étendu aux zones maritimes voisines, permet une meilleure compréhension des processus souterrains. Cette base de données enrichie est aujourd'hui indispensable pour affiner les modèles de surveillance et anticiper les mouvements tectoniques sur le long terme.
Vers une stratégie nationale de prévention urbaine
Au-delà de l'observation scientifique, l'État marocain a engagé une refonte de ses politiques de prévention. L'accent est mis sur l'intégration des données géophysiques dans l'aménagement du territoire. Des études de sols et des cartes d'aptitude à l'urbanisation sont désormais systématiquement réalisées avant tout projet de construction. Cette approche préventive vise à encadrer strictement le choix des terrains et à imposer des normes de sécurité renforcées. L'objectif est clair : limiter la vulnérabilité des infrastructures face aux risques sismiques futurs, en s'appuyant sur une meilleure sensibilisation des citoyens et une planification urbaine rigoureuse.