Treize rebelles du M23 et alliés déposent les armes dans le Sud-Kivu après des frappes rwandaises

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 30 lectures
Treize rebelles du M23 et alliés déposent les armes dans le Sud-Kivu après des frappes rwandaises

Treize combattants de la coalition rebelle M23 et de ses alliés rwandais ont déposé les armes dans le Sud-Kivu après des frappes de drones attribuées au Rwanda, selon l’armée congolaise. Ces redditions, survenues dans les Hauts Plateaux de Fizi, pourraient marquer un tournant dans une région en proie à sept semaines de bombardements aériens.

Des redditions liées à une frappe fratricide

Les ex-combattants, issus de la coalition M23/Twirwaneho-Red Tabara soutenue par Kigali, se sont rendus aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans les localités d’Abala, Mulima et Kimete. Selon le porte-parole militaire congolais, le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, ces redditions seraient directement liées à une frappe de drone kamikaze des Forces de défense rwandaises (FDR) ayant visé par erreur une position de leurs alliés. Une version non confirmée par des sources indépendantes.

Parmi les déserteurs figure un jeune membre de la communauté banyamulenge, actif au sein du groupe Twirwaneho. Un autre a appelé ses anciens compagnons à abandonner la lutte armée pour favoriser le retour de la paix dans la région. Dix des ex-combattants ont été conduits au poste de commandement pour une phase de réarmement moral, tandis que trois, en état de santé précaire, ont été hospitalisés.

Sept semaines de bombardements et leurs victimes civiles

Ces redditions interviennent après une intensification des frappes aériennes dans le territoire de Fizi. Depuis le 3 juillet 2026, des drones ont ciblé à plusieurs reprises des villages comme Mulima, où un bombardement aurait fait au moins dix-huit morts selon l’administrateur local. Le 19 août, deux bombes ont frappé l’hôtel Mwalu à Fizi-Centre, attribuées aux FDR par le colonel Michel Apoko Bangala, commandant du secteur opérationnel Sukola 2. Le 20 août, les FARDC ont abattu un drone kamikaze à Ruyengo.

Selon l’ONG ACLED, février 2026 avait enregistré 31 frappes de drones et raids aériens en RDC, un chiffre mensuel record. Ces opérations, présentées comme une riposte aux groupes armés, ont pourtant coûté cher aux populations civiles, comme en témoignent les frappes sur des infrastructures civiles.

L’armée congolaise mise sur la pression militaire pour affaiblir les groupes armés

Pour le commandement des FARDC, ces redditions successives illustrent l’efficacité de leur stratégie et la volonté d’une partie des combattants de quitter les rangs. « Les forces loyalistes restent engagées à défendre l’intégrité territoriale et à protéger les civils », a rappelé le commandement militaire au Sud-Kivu. Cependant, l’attribution des frappes aux FDR et les victimes civiles soulèvent des questions sur la précision des opérations et leur impact humanitaire.

Ces événements surviennent dans un contexte de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, où les accusations mutuelles d’ingérence et de soutien aux groupes armés s’intensifient. La question de la désescalade et de la protection des civils reste au cœur des enjeux sécuritaires dans l’Est du pays.

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