Transition au Gabon : l'absence de reconnaissance symbolique des anciens parlementaires interroge

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 40 lectures
Transition au Gabon : l'absence de reconnaissance symbolique des anciens parlementaires interroge

La multiplication des cérémonies de décoration au Gabon, marquées récemment par la création du titre de « Compagnons de la libération », met en lumière une lacune mémorielle persistante. Si le pouvoir en place honore régulièrement diverses personnalités, l'absence de reconnaissance officielle envers les anciens membres du Parlement de la Transition suscite des interrogations sur la lecture politique de cette période charnière.

Un rôle législatif déterminant

Durant la Transition, le Parlement a joué un rôle central dans la refonte du cadre juridique national. Ses membres ont notamment supervisé l'adoption des textes régissant les consultations électorales, incluant le référendum constitutionnel, les scrutins présidentiels, législatifs et locaux. En septembre 2024, leur implication a été particulièrement visible lors de l'examen de l'avant-projet de Constitution, où près de 800 amendements ont été débattus. Ce travail, à la fois technique et politique, a été un levier essentiel pour le retour à l'ordre constitutionnel.

Le poids du récit national

La remise de distinctions honorifiques ne constitue pas un droit automatique, mais elle demeure un outil puissant de construction du récit national. En choisissant d'honorer certains acteurs tout en en ignorant d'autres, l'État consacre une version spécifique de l'histoire de la Transition. L'omission des parlementaires, alors que d'autres contributeurs aux chantiers de l'État ont été distingués, alimente des spéculations sur la perception réelle de leur travail par les autorités actuelles.

Interrogations sur les motivations politiques

L'absence de geste symbolique envers ces anciens élus soulève plusieurs hypothèses. S'agit-il d'une simple négligence administrative ou d'une volonté politique délibérée ? Certains observateurs se demandent si les amendements apportés par les parlementaires lors des débats constitutionnels n'ont pas été perçus, a posteriori, comme une forme de résistance ou d'obstruction. En l'absence de communication officielle, ce silence institutionnel risque de laisser une empreinte durable sur la lecture historique de cette période, transformant un oubli protocolaire en un sujet de débat politique persistant.

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